Phycotoxines
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Résumé
Patrick Lassus
IFREMER, Centre de Nantes, Laboratoire DEL/PN,
BP 21105, 44311 Nantes Cedex 03, France
Les études menées sur les phycotoxines visaient
simultanément à améliorer les méthodes de
détection existantes, et à comprendre les mécanismes mis en jeux, depuis la production taxinique jusqu' aux effets sur le consommateur, en
passant par les processus d'accumulation/épuration par les vecteurs de contamination.
Dans le cas des toxines diarrhéiques (acide okadaïque et ses dérivés), le test daphnie (norme ISO,
1989) et le test de cytotoxicité sur cellules KB (carcinome humain de nasopharynx) présentent des
performances comparables à celles du bioessai
sur souris. Il s donnent une répon se fiable en
24 heures et ne nécessitent pas un matériel coûteux pour leur mise en œuvre.
Pour ce qui est des toxines produites par Gymnodinium cf. nagasakiense, le test hémolytique sur
hématies de mouton donne de bons résultats mais
une variante sur hématies de cheval s'est révélée
encore plus sensible.
Enfin, en ce qui concerne la maïtotoxine (MTX) il
apparaît que le test au rouge neutre sur fibroblastes
peut remplacer avantageusement le test souris. De
plus, les modifications morphologiques, observables dès le début du test, renseignent sur le
mode d'action du principe actif contenu dans
l'échantillon.
La détection chimique par CLHP des toxines paralysantes peut être effectuée par deux méthodes :
celle de Sullivan (1987) et celle d'Oshima (1989).
C'est la seconde qui est actuellement préconisée
pour des analyses en appui à des programmes de
recherche, du fait de performance supérieure en
matière de séparation des toxines C.
L'analyse en CLHP des ciguatoxines n'a pas donné les résultats quantitatifs escomptés du fait d'un
mauvais couplage du réactif fluo rescent et du
manque de sensibilité par rapport aux teneurs
trouvées habituellement dans la chair des poissons contaminés.
En ce qui concerne les méthodes biochimiques et
immunochimiques, les résultats sont inégaux. L' inhibition spécifique des protéines phosphatases,
pour la détection de l' AO et de ses dérivés, est
assurément une méthode prometteuse, alors qu'en
immunochimie les anticorps anti-AO et anti-STX
(ou anti-GTX2-3) produits sont respectivement
non spécifiques et à la fois spécifiques et sensibles
(surtout les polyclonaux dans le cas du PSP).
En matière de purification des toxines, les rendements d'extractions de l' AO et de la DTX1 à partir de souches toxiques de P. lima et de bivalves
naturellement contaminés ont été comparés. La
première méthode comprend cinq opérati ons
majeures d'extraction pour un rendement de
73 % (par rapport à la teneur des cellu les au
départ), la deuxième présente un rendement de
70 à 75% (uniquement pour I'AO) selon le degré
de pureté de l'échantillon final, avec sept opérations majeures d' extraction.
Au cours des essais d' isolement d' AO à partir de
moules, un autre composé toxique associé a été
mis en évidence : il s'agit d' une substance de
pol arité moindre que l' AO, qui ne contribue que
pour 20 % à la tox ic ité totale sur souris des
moules contaminées. Il s' agit d' une cardiotoxi ne
occasionnellement associée à l' AO.
La purification de la maïtotoxine a été réalisée à
partir d' un extrait méthanolique de cultures de
Gambierdiscus toxicus (souche antillaise). La stabilité des substances toxiques de l' algue s' est
révélée de plus en plus réduite au cours du protocole de purification mais il a néanmoins été
possible d' obtenir une fraction très enri chie en
MTX, beaucoup pl us toxique que l'extrait de
départ et qui a permis la mise au point des tests
de cytotoxicité envisagés pour sa détection .
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Résumé
Patrick Lassus
IFREMER, Centre de Nantes, Laboratoire DEL/PN,
BP 21105, 44311 Nantes Cedex 03, France
Les études menées sur les phycotoxines visaient
simultanément à améliorer les méthodes de
détection existantes, et à comprendre les mécanismes mis en jeux, depuis la production taxinique jusqu' aux effets sur le consommateur, en
passant par les processus d'accumulation/épuration par les vecteurs de contamination.
Dans le cas des toxines diarrhéiques (acide okadaïque et ses dérivés), le test daphnie (norme ISO,
1989) et le test de cytotoxicité sur cellules KB (carcinome humain de nasopharynx) présentent des
performances comparables à celles du bioessai
sur souris. Il s donnent une répon se fiable en
24 heures et ne nécessitent pas un matériel coûteux pour leur mise en œuvre.
Pour ce qui est des toxines produites par Gymnodinium cf. nagasakiense, le test hémolytique sur
hématies de mouton donne de bons résultats mais
une variante sur hématies de cheval s'est révélée
encore plus sensible.
Enfin, en ce qui concerne la maïtotoxine (MTX) il
apparaît que le test au rouge neutre sur fibroblastes
peut remplacer avantageusement le test souris. De
plus, les modifications morphologiques, observables dès le début du test, renseignent sur le
mode d'action du principe actif contenu dans
l'échantillon.
La détection chimique par CLHP des toxines paralysantes peut être effectuée par deux méthodes :
celle de Sullivan (1987) et celle d'Oshima (1989).
C'est la seconde qui est actuellement préconisée
pour des analyses en appui à des programmes de
recherche, du fait de performance supérieure en
matière de séparation des toxines C.
L'analyse en CLHP des ciguatoxines n'a pas donné les résultats quantitatifs escomptés du fait d'un
mauvais couplage du réactif fluo rescent et du
manque de sensibilité par rapport aux teneurs
trouvées habituellement dans la chair des poissons contaminés.
En ce qui concerne les méthodes biochimiques et
immunochimiques, les résultats sont inégaux. L' inhibition spécifique des protéines phosphatases,
pour la détection de l' AO et de ses dérivés, est
assurément une méthode prometteuse, alors qu'en
immunochimie les anticorps anti-AO et anti-STX
(ou anti-GTX2-3) produits sont respectivement
non spécifiques et à la fois spécifiques et sensibles
(surtout les polyclonaux dans le cas du PSP).
En matière de purification des toxines, les rendements d'extractions de l' AO et de la DTX1 à partir de souches toxiques de P. lima et de bivalves
naturellement contaminés ont été comparés. La
première méthode comprend cinq opérati ons
majeures d'extraction pour un rendement de
73 % (par rapport à la teneur des cellu les au
départ), la deuxième présente un rendement de
70 à 75% (uniquement pour I'AO) selon le degré
de pureté de l'échantillon final, avec sept opérations majeures d' extraction.
Au cours des essais d' isolement d' AO à partir de
moules, un autre composé toxique associé a été
mis en évidence : il s'agit d' une substance de
pol arité moindre que l' AO, qui ne contribue que
pour 20 % à la tox ic ité totale sur souris des
moules contaminées. Il s' agit d' une cardiotoxi ne
occasionnellement associée à l' AO.
La purification de la maïtotoxine a été réalisée à
partir d' un extrait méthanolique de cultures de
Gambierdiscus toxicus (souche antillaise). La stabilité des substances toxiques de l' algue s' est
révélée de plus en plus réduite au cours du protocole de purification mais il a néanmoins été
possible d' obtenir une fraction très enri chie en
MTX, beaucoup pl us toxique que l'extrait de
départ et qui a permis la mise au point des tests
de cytotoxicité envisagés pour sa détection .
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