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Conclusions
Les efflorescences alga les toxiques impu tables à
d'autres espèces que des dinoflagellés semblent
s'être multipliées da ns le monde au cours de la
dernière décennie. Ce phénomène est maintenant
observé en France avec H eterosigma carterae,
une espèce non signalée dans les études précédentes (Sournia et al., 1991 ). Nous avons clairement démontré sa présence en différents points du
littoral et le b loom toxique de Camaret était un
événement prévisible. Le bloom récent de L'Aiguillon-sur-Mer est un bon exemple d'un événement qu i serai t passé inaperçu en l'absence d' une
surveil lance régulière. Dans ce cas particulier,
aucun effet toxique de l'organisme responsable,
H. ca rterae, n' a été signalé, très probablement
parce qu' il n' y a pas de ferme piscicole dans cette
région. Étant donné la présence de kystes dormants
chez cette espèce (lmai et al., 1993), comme chez
d' autres raphidophytes, on peut s' attendre à de
nouvelles proliférations de Heterosigma (voi re de
Fibrocapsa) dans un avenir proche. Comme c' est
le cas pou r d'autres espèces nuisibles dont la
répartition semble s'étendre, la question se pose
de savoir si ce raphidophyte a toujours été présent
dans notre flore locale ou bien si ses kystes pourraient avoir été récemment importés d ans certaines localités via des eaux de ba llast. Dans tou s
les cas de figure, les effets tox iques des blooms
constatés en Bretagne où des exploitations piscicoles existent pourraient être une conséquence de
l' utilisation acc ru e des eaux côtières à des fins
aquacoles. Les espèces tox iques du genre Chattonella n' ont pas encore été détectées en France à
ce jour, mais deux espèces ont été récemment
signalées dans les eaux hollandaises (Vrieling et
al., 1995) et l'on peut donc s' attendre à les voir
arriver sous peu en France.
Nous avons identifié plus d' une douzaine d'espèces de Chrysochromulina sur les côtes françaises,
mais aucune prolifération ne s'est encore produite.
Bien qu ' un petit nombre d'espèces de ce genre
aient été reconnues toxiques in vitro, leur comportement dans la nature, notamment des conditions
de bloom, est imprévisible et leurs cycles biologiques doivent également être pris en compte
(Edvardsen & Paasche, 1992 ; Billard, 1994).
L'extension de Phaeocystis globosa sur le littoral
atlantique pourrait être 1 iée à une eutrophisation
côtière. Bien que non toxique, les nuisances provoquées par cet organ isme générateur d'écume
sont bien connues et pourraient mettre en danger
les activités aquacoles.
Des cas d' étude récents ont démon tré que
d' autres phytoflagel lés considérés jusqu ' alors
comme inoffensifs pouvaient présenter un danger
pour la faune : à titre d' exemple, une prolifération de Tetraselmis (Prasinophycées) a récemment
entraîné une mortalité de sardines par asphyxie en
Nouvelle-Zélande Uones & Rhodes, 1994). Les
o rganismes picoplanctoniques comme Aureococcus (Pélagophycées) qui peuvent proliférer de
façon dense et persistante représentent aussi des
nu isances écologiques (Cosper et al., 1989) ; le
picoeucaryote Ostreococcus (Pras inophycées,
voir Chrétien not-Di net et al., 1995) atteignant des
concentrations extrêmement élevées dans l'étang
de Thau dans le sud de la France (Courties et al.,
1994) pou rrait constituer un autre exemple de
nuisance future.
Enfin, outre les phytoflagellés toxiques, des diatomées neurotoxiq ues du genre Pseudonitzschia
responsables d' intoxications de type amnésique
par les coquillages (amnesie shellfish poisoning),
sont devenues une menace potentielle en Europe
(Lundholm et al., 1994). Il n' existe pas d' étude
concernant la présence du genre en France, et
l' identification précise des espèces nécessite des
examens en microscopie électronique. L' un de
nos objectifs futurs est de dresser un inventaire
des espèces de Pseudonitzschia en France.
Bien que la France reste relativement privilégiée,
avec des réseaux de surveillance bien organisés,
les proliférations algales impliquant des agents
causatifs connus ou nouveaux ne pourront être
entièrement évitées à l' avenir. Étant donné l' importance des activités maritimes le long du littoral français, la surveillance d' espèces autres que
les dinoflagellés devient plus indispensable que
jamais. Notre expérience démontre qu'aussi bien
les suivis d'espèces toxiques reconnues que les
inventaires taxonomiques complets de toutes les
espèces présentes sont une nécessité.
99
Conclusions
Les efflorescences alga les toxiques impu tables à
d'autres espèces que des dinoflagellés semblent
s'être multipliées da ns le monde au cours de la
dernière décennie. Ce phénomène est maintenant
observé en France avec H eterosigma carterae,
une espèce non signalée dans les études précédentes (Sournia et al., 1991 ). Nous avons clairement démontré sa présence en différents points du
littoral et le b loom toxique de Camaret était un
événement prévisible. Le bloom récent de L'Aiguillon-sur-Mer est un bon exemple d'un événement qu i serai t passé inaperçu en l'absence d' une
surveil lance régulière. Dans ce cas particulier,
aucun effet toxique de l'organisme responsable,
H. ca rterae, n' a été signalé, très probablement
parce qu' il n' y a pas de ferme piscicole dans cette
région. Étant donné la présence de kystes dormants
chez cette espèce (lmai et al., 1993), comme chez
d' autres raphidophytes, on peut s' attendre à de
nouvelles proliférations de Heterosigma (voi re de
Fibrocapsa) dans un avenir proche. Comme c' est
le cas pou r d'autres espèces nuisibles dont la
répartition semble s'étendre, la question se pose
de savoir si ce raphidophyte a toujours été présent
dans notre flore locale ou bien si ses kystes pourraient avoir été récemment importés d ans certaines localités via des eaux de ba llast. Dans tou s
les cas de figure, les effets tox iques des blooms
constatés en Bretagne où des exploitations piscicoles existent pourraient être une conséquence de
l' utilisation acc ru e des eaux côtières à des fins
aquacoles. Les espèces tox iques du genre Chattonella n' ont pas encore été détectées en France à
ce jour, mais deux espèces ont été récemment
signalées dans les eaux hollandaises (Vrieling et
al., 1995) et l'on peut donc s' attendre à les voir
arriver sous peu en France.
Nous avons identifié plus d' une douzaine d'espèces de Chrysochromulina sur les côtes françaises,
mais aucune prolifération ne s'est encore produite.
Bien qu ' un petit nombre d'espèces de ce genre
aient été reconnues toxiques in vitro, leur comportement dans la nature, notamment des conditions
de bloom, est imprévisible et leurs cycles biologiques doivent également être pris en compte
(Edvardsen & Paasche, 1992 ; Billard, 1994).
L'extension de Phaeocystis globosa sur le littoral
atlantique pourrait être 1 iée à une eutrophisation
côtière. Bien que non toxique, les nuisances provoquées par cet organ isme générateur d'écume
sont bien connues et pourraient mettre en danger
les activités aquacoles.
Des cas d' étude récents ont démon tré que
d' autres phytoflagel lés considérés jusqu ' alors
comme inoffensifs pouvaient présenter un danger
pour la faune : à titre d' exemple, une prolifération de Tetraselmis (Prasinophycées) a récemment
entraîné une mortalité de sardines par asphyxie en
Nouvelle-Zélande Uones & Rhodes, 1994). Les
o rganismes picoplanctoniques comme Aureococcus (Pélagophycées) qui peuvent proliférer de
façon dense et persistante représentent aussi des
nu isances écologiques (Cosper et al., 1989) ; le
picoeucaryote Ostreococcus (Pras inophycées,
voir Chrétien not-Di net et al., 1995) atteignant des
concentrations extrêmement élevées dans l'étang
de Thau dans le sud de la France (Courties et al.,
1994) pou rrait constituer un autre exemple de
nuisance future.
Enfin, outre les phytoflagellés toxiques, des diatomées neurotoxiq ues du genre Pseudonitzschia
responsables d' intoxications de type amnésique
par les coquillages (amnesie shellfish poisoning),
sont devenues une menace potentielle en Europe
(Lundholm et al., 1994). Il n' existe pas d' étude
concernant la présence du genre en France, et
l' identification précise des espèces nécessite des
examens en microscopie électronique. L' un de
nos objectifs futurs est de dresser un inventaire
des espèces de Pseudonitzschia en France.
Bien que la France reste relativement privilégiée,
avec des réseaux de surveillance bien organisés,
les proliférations algales impliquant des agents
causatifs connus ou nouveaux ne pourront être
entièrement évitées à l' avenir. Étant donné l' importance des activités maritimes le long du littoral français, la surveillance d' espèces autres que
les dinoflagellés devient plus indispensable que
jamais. Notre expérience démontre qu'aussi bien
les suivis d'espèces toxiques reconnues que les
inventaires taxonomiques complets de toutes les
espèces présentes sont une nécessité.
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