Pollutions diffuses : du bassin versant au littoral
Dynamique des masses d’eau à court terme
Marnage et retard ou avance de la marée
Le marnage (différence entre les hauteurs de pleine mer et de basse
mer, soit deux fois l’amplitude) augmente entre le sud et le nord de la
Bretagne (fig. 2, p. 339). Au sud de l’île de Sein, il est égal à 3-3,5 m
tout le long du littoral à l’exception du golfe du Morbihan où il est légèrement inférieur et de l’embouchure de la Loire où, au contraire, il est
supérieur. A l’ouest et en Nord-Bretagne, le marnage croît de façon régulière d’ouest en est. Egal à 3,5 m au niveau de l’île de Sein, il dépasse
8,5 m au fond de la baie du Mont-Saint-Michel. La deuxième caractéristique de la marée, la phase, que l’on traduira ici par le décalage dans
le temps - retard ou avance - de la pleine mer par rapport à un lieu de
référence, varie d'un enclroit à l’autre du littoral (fig. 3, p. 340). L’heure
de la pleine mer sur le littoral sud est clans l’ensemble partout la même
et en avance d’une quarantame de minutes par rapport à celle de Brest,
considéré comme lieu de référence. Le golfe du Morbihan est une exception avec la marée qui accuse un retard de plus d’une heure. A partir
de Sein et jusqu’à la presqu’île du Cotentin, la pleine mer est d’autant
plus retardée qu’on se déplace vers l’est. Elle affiche un retard maximal
supérieur à 2 h par rapport à celle de Brest. L’onde M 2 se propage donc
en tournant autour de la Bretagne du sud vers le norcl, à l’exception du
golfe du Morbihan, et le marnage est d’autant plus grand que l’onde est
retardée.
Dans la Manche, les valeurs des amplitudes et des phases de l’onde M 2
obtenues avec le modèle sont en très bon accord avec les mesures sur
modèle physique (modèle réduit) de Chabert d’Hières & Le Provost
(1979).
Vitesses maximales
Les vitesses maximales au cours d’un cycle de marée présentent d’importantes disparités entre le sud et le nord de la Bretagne (fig. 4, p. 341 ).
En Manche, ces vitesses dépassent en de nombreux endroits le mètre
par seconde alors que sur le littoral atlantique, à l’exception des courants
de part et d’autre de Sein, ces vitesses sont plutôt comprises entre 20 et
40 cm/s. Les vitesses maximales sur le littoral nord sont donc jusqu’à
cinq fois supérieures à celles du littoral sud. On trouve tous ces maxima
de vitesse au voisinage des îles, particulièrement entre Bréhat et les
Roches-Douvres, autour de Ouessant et de Sein. En revanche, au fond
des baies, ces maxima cle vitesse restent faibles avec toujours des disparités entre Bretagne Nord et Sud. Les zones de vitesses maximales
élevées sont des lieux de forte turbulence, soit d’importants brassages
vertical et horizontal. Ce sont aussi des endroits où l’excursion de marée
est grande, ce qui n’équivaut pas systématiquement à un renouvellement des masses d’eau.
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