Littoral
Biomasses d’ulves et flux de nutriments
en baie de Douarnenez
Michel Merceron
( 1) † Daniel Coïc
(2) , Pascal Talec ( 3 )
(1) Ifremer/Del, BP 70, 29280 Plouzané
(2) EEL, 20 hameau des Quatre vents, 29260 Ploudaniel
(3) Céva, BP 3, 22610 Pleubian
Introduction
En baie de Douarnenez, l’existence de proliférations d’ulves, d’ampleur
limitée, est repérable dès 1952 sur des photographies aériennes de
l’IGN. En 1979, le phénomène étant devenu plus important, la presse s'en fait l’écho. Depuis 1980, des ramassages d’ulves échouées sont
effectués durant l’été par plusieurs communes riveraines. Les inventaires semi-quantitatifs de marées vertes en Bretagne de 1988, 1991
et 1994 signalent la présence de quantités importantes d’algues sur les
plages clu fond de la baie (Piriou & Annézo, 1995).
La cause de ces proliférations, également présentes dans de nombreux
autres sites bretons, a été déterminée comme étant l’augmentation des
flux d’azote délivrés à la côte, le plus souvent sous forme de nitrate
(Ménesguen & Piriou, 1995).
Le programme « Bassins versants et transmission des pollutions au littoral » s’est appuyé sur deux sites ateliers pour traiter clu transfert du
nitrate des terres agricoles à la côte (Bordenave & Merceron, dans ce volume). L’un de ces sites, le bassin versant du Kerharo, est localisé en bordure de la baie de Douarnenez. D’une superficie de 45 km
2 , il est essentiellement agricole. Avant de déboucher dans l’anse de Kervigen, le
ruisseau longe le marais littoral du même nom. Un des motifs du choix
de ce site a été justement la présence de ce marais, c]ue des investigations préliminaires avaient révélé être le siège d’une dénitrification
superficielle très active. Ces résultats ont été confirmés et détaillés dans
le cadre du présent programme (Piriou et al., dans ce volume).
Le suivi cle la marée verte a été effectué par le centre d’études et de
valorisation des algues (Céva). Il a concerné les proliférations significatives d’ulves en dépôt sur l’estran et en suspension dans les premières
vagues sur le littoral sud-est de la baie, très régulièrement atteint. Les
flux azotés correspondants ont été suivis d’abord par l’Ifremer, puis par
le bureau d’études environnementales littorales et marines (EEL). Dans
un premier temps, il n'a concerné que le Kerharo et deux ruisseaux
proches. Au cours cles cleux premières années, il s’est avéré que, contrairement à ce qui avait été observé auparavant dans d’autres sites fortement atteints (baies de Lannion et de Saint-Brieuc), les bancs d’ulves
du site choisi restaient très mobiles au cours de la saison. Il en était de
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