Littoral
• Ressources marines vivantes
Dans les zones conchylicoles atteintes, le placage des ulves sur les mollusques élevés sur bouchots, en pochons ou à plat sur le sol diminue le
renouvellement de l’eau et l'apport de nourriture au cheptel. De plus,
il augmente la quantité cle travail, donc le coût de l’élevage.
L’absorption des sels nutritifs en solution par les macroalgues prive
d’autant le phytoplancton de nutriment. Ainsi, dans la lagune de
Venise, ulve et phytoplancton semblent s’exclure (Sfriso et al., 1989).
Néanmoins, le développement et l’échouage des ulves constituent une
immobilisation et un stockage temporaire de nutriments. Ceux-ci
seront relargués en été et en automne lors de la diminution cle la biomasse, au moment où les apports terrestres sont à leur minimum. On
peut donc logiquement penser à un rôle de soutien du phytoplancton
de cette saison. Malheureusement, à cette période, c’est le groupe des
Dinoflagellés qui prédomine et il est a priori moins profitable aux mollusques c]ue les diatomées printanières. Par ailleurs, il inclut la plupart
cles espèces toxiques.
Les plages à faible pente sont souvent la continuation de fonds sableux
infralittoraux également peu pentus. Ces zones sont généralement des
nourrisseries de poissons plats. Des juvéniles ont été d’ailleurs fréquemment rencontrés lors de la quantification du stock offshore de la
baie de Douarnenez. Pour statuer sur le solcle positif ou négatif du rôle
des marées vertes vis-à-vis cle cette fonction cle nourrisserie, les connaissances actuellement disponibles ne sont pas suffisantes.
• Image régionale
Les marées vertes sont à la fois visibles et odorantes. L’altération des paysages (où le contraste cle couleurs dû au sable est amoindri ou supprimé) et l’odeur fétide qui s’en dégage constituent un emblème disgracieux pour la région. Cette tache gâte l’image positive de la Bretagne,
basée sur l’authentique et le naturel. Le phénomène atteint son maximum lors de la saison touristique, lorsque la notoriété de la région est
à son sommet. Outre le tourisme, cette tache affecte toute l’activité, tous
les produits et l'attrac tivité de la région vis-à-vis de l’extérieur. L’attachement des Bretons à leur territoire en subit aussi l’effet. Le fait que
cet aspect soit difficile à quantifier avec précision ne suffit pas à masquer son importance.
Conclusion
Le constat des marées vertes et la description du phénomène et de ses
origines ont été établis depuis une douzaine d’années. L’augmentation
des flux de nitrate provenant de l’intensification de l’agriculture bretonne en est la cause. Un modèle mathématique de ces proliférations
a été construit et appliqué aux baies de Lannion et Saint-Brieuc. Avec
cet outil, il est possible de simuler les effets sur les marées vertes que l’on
peut attendre de différents scénarios d’abattement des flux de nitrate, selon
les sites d’application.
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