Littoral
• Populations immergées
Elles constituent également un stock nutritif plus ou moins immobilisé localement et libérant son contenu avec retard. Les fortes biomasses
algales en jeu dans ces zones plutôt calmes ont logiquement pour effet
de faire varier fortement la teneur en oxygène dissous entre le jour et
la nuit. La faune endogée subirait une diminution de sa diversité et de
sa biomasse tandis que l' epibenthos verrait sa biomasse et son nombre
d’individus augmenter (Nicholls, 1981). En fait, l’impact sur la faune
épigée serait plus ambigu. Des mortalités rapides de larves de trois
espèces de crabes d’estuaire ont pu être provoquées expérimentalement
par la conjonction d'une hypoxie et du relargage par les ulves d’une substance toxique indéterminée (Johnson & Welsh, 1985).
En revanche, par le camouflage qu’elles procurent, ces algues peuvent
diminuer fortement le taux de prédation des jeunes crabes par les poissons (Wilson et al., 1990). De plus, les ulves sont une nourriture très
appréciée par des crustacés brouteurs de petite taille (amphipodes et isopodes). Dans le fjord de Roskilde, une baie de l’État de Washington et
la lagune de Venise, ils consomment une très forte proportion de la
production annuelle d’ulves (Geertz-Hansen et al., 1993 ; Price & Hylleberg, 1982 ; Sfriso & Marcomini, 1 996).
Conséquences économiques et culturelles
Outre les coûts de ramassage, les marées vertes constituent une des
atteintes provenant de l’agriculture intensive, au même titre que l’altération de la qualité de l’eau potable par le nitrate et les pesticides, celle de l’air par l’odeur du lisier, l’ammoniac, etc.
• Ramassages
Les cubages et les coûts cles ramassages sont présentés sur la figure 5.
Après avoir culminé en 1991 et 1992, ils représentent actuellement
43 000 m
3 et 2 MF environ. Les dépenses sont engagées par les communes riveraines. Elles se font rembourser par les conseils généraux au
taux de 80 % dans les Côtes-d’Armor et de 60 à 72 % dans le Finistère selon la taille de la commune.
La valorisation par compostage ou méthanisation de l’ulve n’ayant pas
encore fait la preuve de sa rentabilité économique, la destination des
volumes ramassés reste le plus souvent la mise en décharge et l’épandage sur les terres agricoles. La réglementation européenne stipule qu’à
partir cle 2002, seuls les déchets ultimes (donc non susceptibles de traitement) seront acceptés en décharge. Ce n’est pas le cas des algues vertes
qui sont techniquement compostables. Dans l’alternative de leur épandage agricole, elles se trouveront en concurrence avec les boues de station d’épuration et les déjections d’élevage (voir dans cet ouvrage « Le
devenir des algues ramassées »).
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• Populations immergées
Elles constituent également un stock nutritif plus ou moins immobilisé localement et libérant son contenu avec retard. Les fortes biomasses
algales en jeu dans ces zones plutôt calmes ont logiquement pour effet
de faire varier fortement la teneur en oxygène dissous entre le jour et
la nuit. La faune endogée subirait une diminution de sa diversité et de
sa biomasse tandis que l' epibenthos verrait sa biomasse et son nombre
d’individus augmenter (Nicholls, 1981). En fait, l’impact sur la faune
épigée serait plus ambigu. Des mortalités rapides de larves de trois
espèces de crabes d’estuaire ont pu être provoquées expérimentalement
par la conjonction d'une hypoxie et du relargage par les ulves d’une substance toxique indéterminée (Johnson & Welsh, 1985).
En revanche, par le camouflage qu’elles procurent, ces algues peuvent
diminuer fortement le taux de prédation des jeunes crabes par les poissons (Wilson et al., 1990). De plus, les ulves sont une nourriture très
appréciée par des crustacés brouteurs de petite taille (amphipodes et isopodes). Dans le fjord de Roskilde, une baie de l’État de Washington et
la lagune de Venise, ils consomment une très forte proportion de la
production annuelle d’ulves (Geertz-Hansen et al., 1993 ; Price & Hylleberg, 1982 ; Sfriso & Marcomini, 1 996).
Conséquences économiques et culturelles
Outre les coûts de ramassage, les marées vertes constituent une des
atteintes provenant de l’agriculture intensive, au même titre que l’altération de la qualité de l’eau potable par le nitrate et les pesticides, celle de l’air par l’odeur du lisier, l’ammoniac, etc.
• Ramassages
Les cubages et les coûts cles ramassages sont présentés sur la figure 5.
Après avoir culminé en 1991 et 1992, ils représentent actuellement
43 000 m
3 et 2 MF environ. Les dépenses sont engagées par les communes riveraines. Elles se font rembourser par les conseils généraux au
taux de 80 % dans les Côtes-d’Armor et de 60 à 72 % dans le Finistère selon la taille de la commune.
La valorisation par compostage ou méthanisation de l’ulve n’ayant pas
encore fait la preuve de sa rentabilité économique, la destination des
volumes ramassés reste le plus souvent la mise en décharge et l’épandage sur les terres agricoles. La réglementation européenne stipule qu’à
partir cle 2002, seuls les déchets ultimes (donc non susceptibles de traitement) seront acceptés en décharge. Ce n’est pas le cas des algues vertes
qui sont techniquement compostables. Dans l’alternative de leur épandage agricole, elles se trouveront en concurrence avec les boues de station d’épuration et les déjections d’élevage (voir dans cet ouvrage « Le
devenir des algues ramassées »).
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