Littoral
1911 ; Sawyer, 1965 ; Steffensen, 1976) ne semble plus jouer, au vu de
la répartition géographique comparée des apports annuels de nitrate
et des biomasses d’algues échouées (Piriou et al., 1989 ; Ménesguen &
Piriou, 1995). A l’initiative du conseil général des Côtes-d’Armor,
une étude poussée de deux sites de Bretagne Nord, les baies de Lannion et de Saint-Brieuc, a permis l'élaboration d un modèle numérique du phénomène dont l’examen, ci-après, montrera les applications
pratiques dans le cas de la baie de Lannion.
Le modèle hydrodynamique
Situées sur les côtes de la Manche, les baies de Lannion et de Saint-Brieuc
sont soumises à un fort régime de marée semi-diurne qui génère des
courants calculables par un modèle hydrodynamique bidimensionnel
horizontal (Garreau, 1993). Ceux-ci permettent de construire les trajectoires lagrangiennes que suivraient des flotteurs largués aux nœuds
du maillage. Il apparaît alors, par exemple au nord-ouest de la baie de
Saint-Brieuc, des zones où ces flotteurs subissent une dérive résiduelle
importante de marée en marée, alors qu’au sud de la baie, les flotteurs
reviennent exactement à leur point de départ au bout d’une marée
(12 h 25 mn). Ainsi que l’ont montré des photographies aériennes, la
plus grande partie des ulves en suspension dans l’eau se trouve justement
confinée dans la zone de balancement des marées où la résiduelle de marée
s’annule quasiment. La modélisation numèrique de la circulation résiduelle de marée apporte donc l’explication du paradoxe apparent des
proliférations végétales sur estran macrotidal et largement ouvert vers
la haute mer : il s’agit dans ce cas d’un confinement dynamic]ue local
généré par l’interaction de l'onde de marée et de la topographie du
fond (Ménesguen & Salomon, 1988). Le fait que le confinement intervienne dans une zone très peu profonde et sableuse assure un éclairement très intense de la tranche d’eau et permet un bon brassage de la
suspension d’algues, deux conditions indispensables à la photosynthèse des ulves. Pour les besoins ultérieurs de la modélisation écologique,
la zone utile est découpée en une mosaïque de grands compartiments
supposés homogènes : par exemple, la baie de Lannion (zone géographique comprise entre 48°40’ et 48°47’ de latitude N, 3°42’ et 3°30'
de longitude W) a été découpée en une mosaïque de vingt-sept boîtes.
Pour chacun de ces compartiments, le logiciel Elise (Ménesguen, 1991)
calcule une profondeur moyenne (fig. 1, p. 337) à partir du maillage
bathymétrique de Garreau ( 1993), qui est un modèle numérique de terrain de maille carrée 500x500 m, et détermine ensuite le transport advectif entre ces boîtes à partir du champ de courants résiduels de marée
calculé par Garreau (1993).
La dispersion due à la marée est représentée sous forme d’un débit dispersif symétrique entre cleux boîtes adjacentes, estimé à partir de la
profondeur et de la moyenne du courant de marée sur un cycle de
12 h 25 mn.
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