Pollutions diffuses : du bassin versant au littoral
les engrais minéraux azotés par les effluents d elevage, en répartissant
mieux les apports entre les cultures (diminution sur les cultures de
maïs, augmentation sur celles de céréales et les prairies) et en intégrant
les restrictions liées à l’épandage des lisiers (pente trop élevée, distances
aux habitations insuffisantes, époques d'interdiction d epandage, distances
aux cours d’eau...). Nos calculs tiennent aussi compte du fait que la
substitution totale des engrais azotés minéraux par du lisier sur les
céréales et sur les prairies n’est pas constamment réalisable techniquement en raison notamment des aléas climatiques. Finalement, les résultats indiquent qu’une réduction de 25 % de l’excédent d’azote pourrait
être obtenue en mettant en œuvre ces modifications des pratiques.
Pour réaliser cet objectif, modeste compte tenu des excédents actuels, il
faut impérativement répartir différemment les effluents entre les exploitations, et pas seulement entre les parcelles d’une même exploitation. Cela
suppose une mobilisation de l’ensemble des agriculteurs du bassin. Il faut
aussi que les quantités d’azote épandues sous forme d’effluents n’augmentent pas. Pour chaque atelier de production animale, nous avons
déterminé l’effet sur les rejets d’effluents d’une amélioration des pratiques de conduite de l’élevage dont, notamment, l’alimentation des
animaux et la gestion des pâturages. En cumulant les actions proposées
sur les élevages porcins (Orain, 1996) et bovins (Turpin et al., 1996)
avec celles possibles sur les parcelles, nous arrivons finalement à une possibilité de réduction pour l’azote de 46 % de l’excédent actuel (Bordenave & Orain, 1998). Cette réduction potentielle de l’excédent d’azote
n’est donc pas du tout négligeable et certaines modifications peuvent
avoir des effets immédiats. Ainsi, une diminution cles reliquats d’azote
minéral mesurés à l’automne dans les sols est constatée entre 1994 et
1 996 sur douze parcelles de prairies exploitées par des agriculteurs ayant
amorcé en 1995 des modifications de leurs pratiques de fertilisation et
de gestion du pâturage alors qu'une augmentation est constatée pendant
la même période sur douze autres parcelles de prairies exploitées sans
modifications (Turpin et al., 1998).
Cependant, les modifications envisagées ci-dessus nécessitent un engagement fort des agriculteurs et ne suffisent pas à réduire totalement les
excédents. Par ailleurs, on ne sait ni de combien, ni quand, la réduction
effective des excédents se traduira par une diminution des concentrations
dans l’eau. Pour apporter quelques éléments de réponse, il convient de
se préoccuper à la fois de la dynamique de l’azote dans le sol et des mécanismes de la circulation de l’eau au sein clu bassin versant.
Les biotransformations de l’azote dans le sol conduisent
à un décalage temporel entre les apports et l’azote entraîné par l’eau
sous le profil cultural
L’expérimentation de longue durée menée à Châlons (Mariotti, 1996) sur
cles lysimètres avec cle l’azote marqué (15 N) montre qu’après quinze ans
d’apports de 150 kg/ha/an (2 250 kg au total) dans des conditions normales cle culture, 570 kg d’azote ont été lessivés (25 % ), dont seulement
318
les engrais minéraux azotés par les effluents d elevage, en répartissant
mieux les apports entre les cultures (diminution sur les cultures de
maïs, augmentation sur celles de céréales et les prairies) et en intégrant
les restrictions liées à l’épandage des lisiers (pente trop élevée, distances
aux habitations insuffisantes, époques d'interdiction d epandage, distances
aux cours d’eau...). Nos calculs tiennent aussi compte du fait que la
substitution totale des engrais azotés minéraux par du lisier sur les
céréales et sur les prairies n’est pas constamment réalisable techniquement en raison notamment des aléas climatiques. Finalement, les résultats indiquent qu’une réduction de 25 % de l’excédent d’azote pourrait
être obtenue en mettant en œuvre ces modifications des pratiques.
Pour réaliser cet objectif, modeste compte tenu des excédents actuels, il
faut impérativement répartir différemment les effluents entre les exploitations, et pas seulement entre les parcelles d’une même exploitation. Cela
suppose une mobilisation de l’ensemble des agriculteurs du bassin. Il faut
aussi que les quantités d’azote épandues sous forme d’effluents n’augmentent pas. Pour chaque atelier de production animale, nous avons
déterminé l’effet sur les rejets d’effluents d’une amélioration des pratiques de conduite de l’élevage dont, notamment, l’alimentation des
animaux et la gestion des pâturages. En cumulant les actions proposées
sur les élevages porcins (Orain, 1996) et bovins (Turpin et al., 1996)
avec celles possibles sur les parcelles, nous arrivons finalement à une possibilité de réduction pour l’azote de 46 % de l’excédent actuel (Bordenave & Orain, 1998). Cette réduction potentielle de l’excédent d’azote
n’est donc pas du tout négligeable et certaines modifications peuvent
avoir des effets immédiats. Ainsi, une diminution cles reliquats d’azote
minéral mesurés à l’automne dans les sols est constatée entre 1994 et
1 996 sur douze parcelles de prairies exploitées par des agriculteurs ayant
amorcé en 1995 des modifications de leurs pratiques de fertilisation et
de gestion du pâturage alors qu'une augmentation est constatée pendant
la même période sur douze autres parcelles de prairies exploitées sans
modifications (Turpin et al., 1998).
Cependant, les modifications envisagées ci-dessus nécessitent un engagement fort des agriculteurs et ne suffisent pas à réduire totalement les
excédents. Par ailleurs, on ne sait ni de combien, ni quand, la réduction
effective des excédents se traduira par une diminution des concentrations
dans l’eau. Pour apporter quelques éléments de réponse, il convient de
se préoccuper à la fois de la dynamique de l’azote dans le sol et des mécanismes de la circulation de l’eau au sein clu bassin versant.
Les biotransformations de l’azote dans le sol conduisent
à un décalage temporel entre les apports et l’azote entraîné par l’eau
sous le profil cultural
L’expérimentation de longue durée menée à Châlons (Mariotti, 1996) sur
cles lysimètres avec cle l’azote marqué (15 N) montre qu’après quinze ans
d’apports de 150 kg/ha/an (2 250 kg au total) dans des conditions normales cle culture, 570 kg d’azote ont été lessivés (25 % ), dont seulement
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