Pollutions diffuses : du bassin versant au littoral
cultures et des pratiques qui leur sont associées dans le paysage en fonction des risques pour l'environnement. Pour celles-ci, une amélioration
des connaissances en termes de processus et de généralisation est encore
nécessaire.
La Bretagne dispose d'un réseau de stations expérimentales bien équipées (stations des instituts techniques, des chambres d’agriculture et de
l’Inra) qui ont permis de tester, à l’échelle de la parcelle expérimentale
et plus récemment du système d'élevage, l'efficacité des principales
améliorations préconisées sur les concentrations en nitrate des eaux de
percolation. Des avancées récentes dans le domaine du raisonnement
de la fertilisation des prairies ont également été obtenues. Finalement,
nous disposons dans la région d’un éventail de solutions cle plus en
plus élaborées et validées pour les modifications du premier groupe.
Pour l’azote et à l'echelle d’un bassin versant, même de petite taille, le
système semble présenter une inertie importante. Plusieurs études
montrent que les concentrations en azote dans l’eau à l’exutoire sont
sensiblement plus stables dans le temps que les flux qui sont, eux,
principalement contrôlés par ies pluies. Ainsi, sur des petits bassins
versants de quelques kilomètres carrés et pendant la période de drainage intense (octobre à avril), il est souvent possible de prévoir les
flux d’azote à des pas de temps courts, parfois journellement, à partir d’un
modèle relativement simplifié pluie-débit auquel on applique une
concentration constante tout au long de l’année. Ceci traduit une certaine stabilité, au moins annuelle, de la teneur des nappes alimentant
les ruisseaux pendant la période hivernale (Bordenave et al., 1999).
L'activité du sol et les systèmes cle culture tendent aussi à stabiliser, à
l’èchelle pluriannuelle, les quantités d’azote disponibles pour le lessivage. Ainsi, lorsque la pression polluante, telle qu’on peut l'èvaluer
par les méthodes des « bilans » annuels, est relativement stabilisée
dans le temps, le système èvolue inexorablement vers un nouvel èquilibre dynamique.
Pour ces raisons, la principale difficulté dans l'évaluation à terme des
effets des modifications de pratiques sur la teneur des eaux en nitrate
à l’exutoire d’un bassin versant est de diffèrencier les effets provenant
de l'èvolution « naturelle » du système vers un nouvel équilibre et des
variations climatiques de ceux provenant de l’évolution des systèmes de
production ou des améliorations qui y sont èventuellement apportées.
Cette distinction peut être réalisée par une approche diachronique à
partir de mesures sur cie longues pèriodes. Sur le bassin versant du CoëtDan à Naizin (56), pour lequel nous disposons de mesures depuis 1 977,
il est intéressant d’ètudier l’èvolution dans le temps des flux et des
concentrations en nitrate. Ce bassin versant n'a ètè l’objet d’aucune
action formalisèe de reconquête de la qualité de l’eau et constitue donc
un tèmoin.
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