Solutions techniques
Décalages temporels entre modifications
des pratiques agricoles et diminution
de nitrate dans les eaux superficielles
Paul Bordenave (1) , Fayçal Bouraoui (1) , Chantal Gascuel-Odoux (2) ,
Jérome Molénat (2) , Philippe Mérot (2)
(1) Cemagref Rennes, URE Gere, 17 avenue de Cucillé, 35044 Rennes Cedex
(2) Inra Rennes-Quimper, unité sol et agronomie, 65 route de Saint-Brieuc,
35042 Rennes Cedex
Introduction
En Bretagne, des actions incitatives visant à réduire la pollution des eaux
en nitrate ont été promues avec les opérations Bretagne Eau Pure (BEP).
Deux programmes successifs ont été mis en place sur vingt bassins versants dans les programmes BEP 1 (de 1992 a 1994) puis BEP 2 (en cours).
Pour ce qui concerne le volet agricole de ces actions, les buts sont
d’orienter les agriculteurs vers l’utilisation de pratiques agricoles moins
polluantes et de favoriser ainsi levolution vers des systèmes de production
plus durables et économiquement viables. Face au constat souvent
admis de dégradation constante de la qualité des eaux, la question est
maintenant posée de l’évaluation de l’efficacité de ces mesures et plus
particulièrement des délais nécessaires pour espérer voir une baisse, ou
tout au moins une stabilisation durable, des concentrations et des flux
de nitrate dans l’eau. Des résultats rapides sont maintenant attendus
de façon de plus en plus pressante.
Selon leur plus ou moins grande facilité technique d’adoption et de
réalisation, on peut classer les modifications à apporter en deux grands
groupes. Le premier rassemble les modifications envisageables à court
terme, pour lesquelles on dispose d’une évaluation assez précise de l’efficacité technique au niveau de la parcelle cultivée. Il s agit d actions
qui visent à optimiser les systèmes actuels et à promouvoir et développer
des modes de production plus économes en intrants. Dans ce premier
type on peut ranger : la réduction des intrants dont la fertilisation raisonnée et l’amélioration de la répartition des effluents d’élevage qui lui
est nécessairement liée en Bretagne, la mise en place de cultures dérobées à l’automne et la gestion de l’interculture, l’optimisation de la
gestion des pâturages et de l’alimentation des animaux, l’augmentation
de la part de l’herbe pâturée dans l’alimentation des bovins au détriment des fourrages annuels conservés...
Un deuxième type regroupe toutes les actions dont le but est d’augmenter le pouvoir tampon du milieu (Cheverry, 1998) : maintien ou
aménagement des zones humides, raisonnement de la localisation des
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