Solutions techniques
Or, en 1960, le cours d’eau qui serpentait auparavant naturellement à
l’intérieur du marais de Kervigen a été canalisé de manière rectiligne et
bordé de digues. Ces travaux, menés par la DDA du Finistère et l’association syndicale des propriétaires, avaient pour but de tenter d’assécher
la zone marécageuse pour gagner des terres agricoles (Cuillandre, 1998).
Malgré la mise en place de vannes du côté mer, des intrusions ponctuelles
d’eaux marines à travers le cordon de galets ont fait échouer ce projet
cle mise en culture. Malgré ceci, l’aménagement est resté en piace jusqu’en 1993, date à laquelle l’Ifremer a soumis au maire de Ploéven l'idée
de tester une remise en eau du marais en faisant des brèches dans une
digue de la rivière canalisée. Un essai très succinct en 1993 a permis
de montrer que l’opération était techniquement possible.
L’année 1994 a servi à tester la mise en place d’un barrage mobile dans
le lit de la rivière pour faire entrer une partie de l’eau dans le marais.
L’autre partie de l’eau étant le débit réservé du cours d’eau pour les
poissons (loi Pêche du 29 juin 1984), contourne le barrage par une
petite dérivation. La partie du clébit qui transite dans le marais à
Phragmites de 9 ha revient par une seconde brèche dans la digue du cours
d’eau principal en aval, avant que l’ensemble ne se jette en baie de
Douarnenez. Ce détournement ne se pratique qu’entre les mois d’avril
et septembre, période pendant laquelle il est nécessaire de réduire les
flux d’azote arrivant au littoral pour tenter de lutter contre la croissance
des algues vertes proliférantes. Il est aussi admis que c’est la période
des basses eaux pendant laquelle le détournement risque le moins de
gêner les agriculteurs situés en amont par des inondations potentielles
de leurs prairies.
Ces aménagements étanr en place, des mesures régulières ont été effectuées au printemps et en été 1995 et 1996 : débits et concentrations en
sels nutritifs, en entrée et sortie du marais ainsi qu'à l’exutoire en mer.
Il a été ainsi possible de calculer précisément l’action du marais concernant l’épuration de l’azote et du phosphore.
Durant l’année 1996, dans un but de comparaison, des mesures de flux
d’azote amont et aval ont été réalisées aussi sur deux marais du NordFinistère. Le marais du Curnic à Guissény (fig. 3) est une zone humide
de plus de 25 ha artificiellement endiguée en bord de mer. En période
de basses eaux, la superficie du marais où transite le flux azoté est de l’ordre
de 10 ha dont seulement deux sont colonisés par des roseaux. L'étang
du Pont à Kerlouan (fig. 3) est un site à écluses dont l’eau alimente un
moulin et par lequel transite la totalité du débit du Quillimadec, cours
d’eau d’un bassin versant de 75 km
2 au total. La totalité de l’important flux d’azote transite par cet étang de 10 hectares dont deux sont
couverts d’une roselière.
Enfin, en 1 997, une étude spécifique a eu pour but d’identifier, sur les
parties aval des bassins versants bretons alimentant les principales zones
de marée verte, les zones humides qui peuvent avoir un rôle dénitrifiant et/ou être aménagées dans l’objectif d’améliorer cette fonction.
Parmi les bassins versants bretons alimentant les principales proliféra277
Or, en 1960, le cours d’eau qui serpentait auparavant naturellement à
l’intérieur du marais de Kervigen a été canalisé de manière rectiligne et
bordé de digues. Ces travaux, menés par la DDA du Finistère et l’association syndicale des propriétaires, avaient pour but de tenter d’assécher
la zone marécageuse pour gagner des terres agricoles (Cuillandre, 1998).
Malgré la mise en place de vannes du côté mer, des intrusions ponctuelles
d’eaux marines à travers le cordon de galets ont fait échouer ce projet
cle mise en culture. Malgré ceci, l’aménagement est resté en piace jusqu’en 1993, date à laquelle l’Ifremer a soumis au maire de Ploéven l'idée
de tester une remise en eau du marais en faisant des brèches dans une
digue de la rivière canalisée. Un essai très succinct en 1993 a permis
de montrer que l’opération était techniquement possible.
L’année 1994 a servi à tester la mise en place d’un barrage mobile dans
le lit de la rivière pour faire entrer une partie de l’eau dans le marais.
L’autre partie de l’eau étant le débit réservé du cours d’eau pour les
poissons (loi Pêche du 29 juin 1984), contourne le barrage par une
petite dérivation. La partie du clébit qui transite dans le marais à
Phragmites de 9 ha revient par une seconde brèche dans la digue du cours
d’eau principal en aval, avant que l’ensemble ne se jette en baie de
Douarnenez. Ce détournement ne se pratique qu’entre les mois d’avril
et septembre, période pendant laquelle il est nécessaire de réduire les
flux d’azote arrivant au littoral pour tenter de lutter contre la croissance
des algues vertes proliférantes. Il est aussi admis que c’est la période
des basses eaux pendant laquelle le détournement risque le moins de
gêner les agriculteurs situés en amont par des inondations potentielles
de leurs prairies.
Ces aménagements étanr en place, des mesures régulières ont été effectuées au printemps et en été 1995 et 1996 : débits et concentrations en
sels nutritifs, en entrée et sortie du marais ainsi qu'à l’exutoire en mer.
Il a été ainsi possible de calculer précisément l’action du marais concernant l’épuration de l’azote et du phosphore.
Durant l’année 1996, dans un but de comparaison, des mesures de flux
d’azote amont et aval ont été réalisées aussi sur deux marais du NordFinistère. Le marais du Curnic à Guissény (fig. 3) est une zone humide
de plus de 25 ha artificiellement endiguée en bord de mer. En période
de basses eaux, la superficie du marais où transite le flux azoté est de l’ordre
de 10 ha dont seulement deux sont colonisés par des roseaux. L'étang
du Pont à Kerlouan (fig. 3) est un site à écluses dont l’eau alimente un
moulin et par lequel transite la totalité du débit du Quillimadec, cours
d’eau d’un bassin versant de 75 km
2 au total. La totalité de l’important flux d’azote transite par cet étang de 10 hectares dont deux sont
couverts d’une roselière.
Enfin, en 1 997, une étude spécifique a eu pour but d’identifier, sur les
parties aval des bassins versants bretons alimentant les principales zones
de marée verte, les zones humides qui peuvent avoir un rôle dénitrifiant et/ou être aménagées dans l’objectif d’améliorer cette fonction.
Parmi les bassins versants bretons alimentant les principales proliféra277
