Pollutions diffuses : du bassin versant au littoral
Au bout de trois années de ce programme, plusieurs consratations peuvent être faites. La prise de conscience de l’importance du problème de
la qualité de l’eau n’a fait que s’amplifier chez les exploitants. Ils ont
parfaitement intégré le fait que l’environnement est devenu un paramètre à part entière dans le développement agricole. Le manque de
moyens du programme et donc son ampleur limitée ont été constatés
par les agriculteurs au fil du temps. Ils ont pratiquement tous connaissance des programmes Bassins versants BEP 2, que ce soit sur le Gouët,
le Haut-Blavet, le Haut-Gouessant ou l’Arguenon. Beaucoup connaissent la différence entre les deux démarches et comprennent d’où elle
découle.
Le manc]ue de moyens s’est surtout fait sentir au niveau du suivi-évaluation des reliquats d’azote dans le sol. Même si les exemples de suivi
sur les bassins BEP 2, clans le cadre départemental, ont servi de bases
et de preuves, ils n’avaient pas aux yeux des agriculteurs la même valeur
que s’ils avaient été réalisés localement.
Les bassins versants BEP 2 ont procuré certaines références techniques,
notamment phytosanitaires, et fait prendre conscience de ce qu’est une
démarche bassin versant « officielle » avec ses avantages et ses inconvénients. Mais, sur les types d’action à engager, le programme sur l’Ic
a fonctionné de façon assez autonome, se basant sur l’existant et sur des
propositions locales. Il s’est même dégagé une certaine fierté chez les
agriculteurs quant aux résultats obtenus concernant l’évolution des
pratiques.
Limites
Parmi les manques dans la mise en place de ce programme, l’absence de
partenariat direct avec les « institutionnels » (administrations de l’Etat
ou départementales, agence cle l'Eau) est à souligner. Les contacts avec
les différents organismes scientifiques sont eux aussi restés au stade de
relations épisodiques, notamment lors des comités de pilotage.
Les actions qui ont été menées sur le terrain n’ont pas été réfléchies selon
des critères locaux précis mais plutôt en fonction de ce qui existait
comme types d’outils, les priorités n’ont pas été définies. L’allocation des
moyens n’a donc pas été optimum. Il n’y a pas eu de programmation,
de lignes directrices données à l’ensemble.
Hormis la participation de la direction départementale de l’Équipement,
au travers de la cellule qualité cles eaux littorales, et une participation
financière ponctuelle du conseil régional en 1997, aucune action ou
démarche n’a été menée avec des tiers, ce qui s’est traduit par une ambition et un angle d’attaque beaucoup plus limités du programme.
Aucune étude particulière n’a été réalisée afin de définir et de connaître
le fonctionnement du milieu naturel qu’il soit terrestre (réseau hydrologique, zones dénitrifiantes...) ou marin (courantologie, évaluation
des masses d’algues, origine des flux nutritifs) et, par conséquent, l’approche du programme sur l’Ic n’a pas été en mesure de définir des
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