Pollutions diffuses : du bassin versant au littoral
couplant le modèle Epic élaboré à Toulouse à un modèle de maximisation de l'utilité espérée SOLIS des contraintes physiques, politiques, financières et de risque, L'étude porte sur six régions situées en Italie, en
France, au Portugal, en Espagne et au Royaume-Uni. Dans chaque
région, un type dominant d’exploitation est retenu. Pour la France, l'application porte sur la région toulousaine et sur la Beauce.
Les simulations dans la région de Toulouse montrent bien l'impact climatique puisque le volume des pertes de nitrate varie entre 67,7 kg/ha
et 19,1 kg/ha selon les années (moyenne de 37,8 kg/ha). Les résultats
montrent qu'il est possible de proposer aux agriculteurs des systèmes
de production limitant la pollution avec des pertes cle revenu limitées
dans l'optique de Ia réforme alors que, sans cette réforme, les baisses
de revenu avec ces mêmes systèmes seraient plus sensibles.
Des simulations ont été faites en envisageant une taxe sur l'azote donnant les mêmes ehets en terme de réduction de la pollution. II faudrait
un taux cle taxation très élevé (200 %). Par rapport au schéma précédent
d’application cle mesures touchant au système de production, la taxation à un tel taux conduit à une importante baisse cles revenus, avec
notamment une forte diminution des surfaces irriguées. On retrouve
là des conclusions et des estimations comparables à celles obtenues aux
Etats-Unis mais aussi ailleurs (Rainelli, 1991). En fait, ces résultats
doivent s intetpréter avec précautions. En effet, la réponse des agriculteurs à une taxe sur l engrais dépend de son degré d’efficacité technique. Lorsque l’on a affaire à un exploitant utilisant au mieux les
moyens de production dont il dispose, c'est-à-dire quand il se situe sur
la fonction frontière, il faut effectivement une forte augmentation du
prix de l’intrant pour qu'il diminue l’usage de cet intrant. On a une très
faible élasticité-prix quand on est à l’optimum. A partir d’une modélisation du comportement d'exploitants bretons avec cles systèmes animaux
intensifs, on a montré que les unités situées sur la frontière de production avaient une élasticité deux fois plus faible c]ue celles en dessous de
la frontière (Vermersch et al., 1 993). On notera que la proportion d'exploitations inefficaces est plus importante dans les systèmes de type
bovin que dans les exploitations de type porcin où les ajustements par
le biais des facteurs variables sont plus aisés (Piot-Lepetit & Rainelli, 1996).
Il en résulte que, dans les systèmes bovins, on aura un plus grand ècart
encore entre l’élasticité des efficaces et celle des inefficaces.
Amigues et al. (1998), avec une approche originale, arrivent à des
conclusions très proches. Pour modéliser le comportement de production cles agriculteurs au regard des intrants polluants et les impacts
sur le milieu, ils couplent Epic à un modèle économétrique basé sur l’approche duale. Ils utilisent pour cela des données de panel issues du
centre de gestion du Lot-et-Garonne. Une procédure particulière est retenue pour traiter le problème des productions nulles. Les paramètres
des fonctions de production et ceux d’attitude face au risque sont estimés conjointement. Cela permet de tester la façon dont les engrais azotés et les pesticides interviennent sur la variabilité du rendement et la
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couplant le modèle Epic élaboré à Toulouse à un modèle de maximisation de l'utilité espérée SOLIS des contraintes physiques, politiques, financières et de risque, L'étude porte sur six régions situées en Italie, en
France, au Portugal, en Espagne et au Royaume-Uni. Dans chaque
région, un type dominant d’exploitation est retenu. Pour la France, l'application porte sur la région toulousaine et sur la Beauce.
Les simulations dans la région de Toulouse montrent bien l'impact climatique puisque le volume des pertes de nitrate varie entre 67,7 kg/ha
et 19,1 kg/ha selon les années (moyenne de 37,8 kg/ha). Les résultats
montrent qu'il est possible de proposer aux agriculteurs des systèmes
de production limitant la pollution avec des pertes cle revenu limitées
dans l'optique de Ia réforme alors que, sans cette réforme, les baisses
de revenu avec ces mêmes systèmes seraient plus sensibles.
Des simulations ont été faites en envisageant une taxe sur l'azote donnant les mêmes ehets en terme de réduction de la pollution. II faudrait
un taux cle taxation très élevé (200 %). Par rapport au schéma précédent
d’application cle mesures touchant au système de production, la taxation à un tel taux conduit à une importante baisse cles revenus, avec
notamment une forte diminution des surfaces irriguées. On retrouve
là des conclusions et des estimations comparables à celles obtenues aux
Etats-Unis mais aussi ailleurs (Rainelli, 1991). En fait, ces résultats
doivent s intetpréter avec précautions. En effet, la réponse des agriculteurs à une taxe sur l engrais dépend de son degré d’efficacité technique. Lorsque l’on a affaire à un exploitant utilisant au mieux les
moyens de production dont il dispose, c'est-à-dire quand il se situe sur
la fonction frontière, il faut effectivement une forte augmentation du
prix de l’intrant pour qu'il diminue l’usage de cet intrant. On a une très
faible élasticité-prix quand on est à l’optimum. A partir d’une modélisation du comportement d'exploitants bretons avec cles systèmes animaux
intensifs, on a montré que les unités situées sur la frontière de production avaient une élasticité deux fois plus faible c]ue celles en dessous de
la frontière (Vermersch et al., 1 993). On notera que la proportion d'exploitations inefficaces est plus importante dans les systèmes de type
bovin que dans les exploitations de type porcin où les ajustements par
le biais des facteurs variables sont plus aisés (Piot-Lepetit & Rainelli, 1996).
Il en résulte que, dans les systèmes bovins, on aura un plus grand ècart
encore entre l’élasticité des efficaces et celle des inefficaces.
Amigues et al. (1998), avec une approche originale, arrivent à des
conclusions très proches. Pour modéliser le comportement de production cles agriculteurs au regard des intrants polluants et les impacts
sur le milieu, ils couplent Epic à un modèle économétrique basé sur l’approche duale. Ils utilisent pour cela des données de panel issues du
centre de gestion du Lot-et-Garonne. Une procédure particulière est retenue pour traiter le problème des productions nulles. Les paramètres
des fonctions de production et ceux d’attitude face au risque sont estimés conjointement. Cela permet de tester la façon dont les engrais azotés et les pesticides interviennent sur la variabilité du rendement et la
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