Introduction
Tableau 3 - Effets sur la marge brute (%) d’une interdiction de I’atrazine et des
triazines.
Atrazine
Triazines
Corn Belt
0
1,3
Lake States
2,6
3,6
Northern Plains
2,5
3,8
Les effets sur la marge brute d’une interdiction varient de zéro pour l’atrazine dans l’ensemble du Corn Belt à 3,8 % pour les triazines dans les
Northern Plains. A des niveaux géographiques plus fins, les effets sont
évidemment plus importants. De plus, on note qu’en moyenne la baisse
de marge brute par hectare est plus élevée, pouvant atteindre 4,1 %,
lorsque l’utilisation des triazines est prohibée. L’absence d’effet de l’interdiction de l’atrazine dans le Corn Belt est due à l’adoption de nouveaux herbicides utilisés à faibles doses et qui limitent les pertes de rendement. Ils s’avèrent donc très profitables dans un certain nombre de
régions.
L’interdiction de l’atrazine et des triazines conduit à des changements
significatifs dans les assolements. Ainsi, dans le Corn Belt, on observe
une diminution de 13 % des cultures de maïs et de 16 % de celles de
sorgho tandis que les surfaces consacrées au soja augmentent de 15 %.
Ces modifications mduisent des changements dans le travail du sol qui
peuvent accélérer l'érosion, ce qui conduit à s’interroger sur les effets
pervers d’une interdiction de ces herbicides. Certes, ces effets sont limités lorsque prévalent les contraintes de conditionnalité attachées à la
politique agricole. L’interdiction de l’atrazine et, dans une moindre
mesure, des triazines favorise un retour aux techniques traditionnelles
au détriment clu semis direct sans labour. Le décideur public est donc
confronté à un arbitrage entre la réduction à la source d’une pollution
diffuse et une érosion.
Les concentrations dans les eaux souterraines ne constituent pas un
problème majeur et les normes sont respectées pour les substances étudiées. Pour les eaux superficielles, la situation de référence varie considérablement selon les zones et les produits. L’interdiction de l'atrazine, en particulier dans le cas du maïs, entraîne une augmentation des
concentrations en triazines substituables avec parfois des dépassements
des normes d’exposition aiguë des triazines. L’interdiction des triazines
n’induit pas cependant de tels dépassements. La situation de référence
est beaucoup moins bonne en ce qui concerne les normes d’exposition
chronique, en particulier pour l’atrazine. De même, la situation de référence est mauvaise en ce qui concerne la végétation aquatique et cela
pour de nombreuses substances.
On dispose aussi de résultats pour la France, conduits à partir des travaux de l’Inra-agronomie de Toulouse sur la modélisation des transferts
de polluants. Flichman ( 1 995) a cherché à voir les effets de la rèforme
de la politique agricole commune de 1992 sur la pollution azotée en
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