Pollutions diffuses : du bassin versant au littoral
Pratiques agricoles et pollution diffuse
des eaux de surface.
Premiers résultats sur l’ion nitrate
dans le bassin versant du Coët-Dan
(Naizin - 56) et ses sous-bassins
de Kervidy et de La Villeneuve
Johann Abrassart
Direction départementale de l'agriculture, 68 rue Alsace-Lorrame, BP 8722,
79029 Niort Cedex 9
Introduction
Nous ne reviendrons pas sur la situation environnementale alarmante
que connaît la Bretagne depuis une vingtaine d'années. Mais, depuis
quelque temps, la dégradation de la qualité de ses eaux s’est généralisée. La principale ressource d’eau potable, en l’occurrence ses eaux de
surface, est menacée : les teneurs maximales admises sont très souvent
dépassées (Ouest France du 22 avril 1 999). Les eaux littorales connaissent, elles aussi régulièrement l’été, de véritables « marées vertes ».
Cette pollution facilement visible sur les plages nuit dans certains secteurs aux activités conchylicoles mais surtout au tourisme, deuxième
activité économique du pays. L’ion nitrate est considéré comme un des
principaux facteurs de cette dégradation que ce soit pour les eaux douces
(Soulard, 1989) ou les eaux de mer (Ménesguen dans cet ouvrage). Pour
la région Bretagne, cet azote provient essentiellement de l’activité agricole (Anonyme, 1994). Celle-ci a connu après guerre un essor considérable
engendrant parallèlement des apports d’azote de plus en plus importants aux sols soit par l’utilisation d’engrais minéraux pour augmenter
les rendements des cultures soit par l’épandage des déjections des animaux élevés dans cette région (Abrassart, 1996). L’excédent dû à cette
activité est estimé à près de 140000 t d’azote (soit 616000 t de nitrate)
par an depuis 1994 (Chapelle, 1 999). Pour une grande part, l’azote en
excès se retrouve sous forme de nitrate dans les sols en fin de culture
puis est entraîné par les pluies hivernales pour finalement arriver dans
le ruisseau. Pendant toute cette pèriode, il peut connaître diffèrents
processus biochimiques. Les rivières bretonnes amènent annuellement
près de 400 000 t d’azote par an aux côtes (Aurousseau et al., 1995).
Avant de définir des stratégies de réductions de la charge « externe »,
il est nécessaire de regarder au-delà de ces sorties pour comprendre d’où
vient le polluant. Quels sont les types d’émetteurs? Comment sont-ils
rèpartis sur le bassin versant ? Qui les manipule ? Que se passe-t-il lors
du transport dans le rèseau hydrographique (Dorioz, 1995)?
220
Pratiques agricoles et pollution diffuse
des eaux de surface.
Premiers résultats sur l’ion nitrate
dans le bassin versant du Coët-Dan
(Naizin - 56) et ses sous-bassins
de Kervidy et de La Villeneuve
Johann Abrassart
Direction départementale de l'agriculture, 68 rue Alsace-Lorrame, BP 8722,
79029 Niort Cedex 9
Introduction
Nous ne reviendrons pas sur la situation environnementale alarmante
que connaît la Bretagne depuis une vingtaine d'années. Mais, depuis
quelque temps, la dégradation de la qualité de ses eaux s’est généralisée. La principale ressource d’eau potable, en l’occurrence ses eaux de
surface, est menacée : les teneurs maximales admises sont très souvent
dépassées (Ouest France du 22 avril 1 999). Les eaux littorales connaissent, elles aussi régulièrement l’été, de véritables « marées vertes ».
Cette pollution facilement visible sur les plages nuit dans certains secteurs aux activités conchylicoles mais surtout au tourisme, deuxième
activité économique du pays. L’ion nitrate est considéré comme un des
principaux facteurs de cette dégradation que ce soit pour les eaux douces
(Soulard, 1989) ou les eaux de mer (Ménesguen dans cet ouvrage). Pour
la région Bretagne, cet azote provient essentiellement de l’activité agricole (Anonyme, 1994). Celle-ci a connu après guerre un essor considérable
engendrant parallèlement des apports d’azote de plus en plus importants aux sols soit par l’utilisation d’engrais minéraux pour augmenter
les rendements des cultures soit par l’épandage des déjections des animaux élevés dans cette région (Abrassart, 1996). L’excédent dû à cette
activité est estimé à près de 140000 t d’azote (soit 616000 t de nitrate)
par an depuis 1994 (Chapelle, 1 999). Pour une grande part, l’azote en
excès se retrouve sous forme de nitrate dans les sols en fin de culture
puis est entraîné par les pluies hivernales pour finalement arriver dans
le ruisseau. Pendant toute cette pèriode, il peut connaître diffèrents
processus biochimiques. Les rivières bretonnes amènent annuellement
près de 400 000 t d’azote par an aux côtes (Aurousseau et al., 1995).
Avant de définir des stratégies de réductions de la charge « externe »,
il est nécessaire de regarder au-delà de ces sorties pour comprendre d’où
vient le polluant. Quels sont les types d’émetteurs? Comment sont-ils
rèpartis sur le bassin versant ? Qui les manipule ? Que se passe-t-il lors
du transport dans le rèseau hydrographique (Dorioz, 1995)?
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