Pollutions diffuses : du bassin versant au littoral
Typologie des bassins versants bretons
Pierre Watremez
(1) , Henri Talbo
(2)
(1) BRGM, antenne de Brest, Ifremer, BP 70, 29280 Plouzané
(2) BRGM, 4b rue du Bignon, 35000 Rennes
Introduction
De très nombreux bassins versants côtiers et estuaires ne iont pas l'objet, en Bretagne, de mesures systématiques de débit et de concentration en nutriments. Le calcul des flux réels de nitrate et de phosphate
apportés au milieu marin est donc le plus souvent impossible et on est
conduit à réaliser des estimations basées sur des hypothèses plus ou
moins simplificatrices.
Récemment, le Massif armoricain était encore considéré comme pratiquement imperméable et les études privilégiaient les écoulements
superficiels rapides ; il était admis que les excédents nets sur les bassins versants, résultant pour l’essentiel des pratiques agricoles, se retrouvaient intégralement à lëchelle de l'année dans la zone côtière. Quelques
études soulignaient cependant l’importance de la géologie et de l'existence d'écoulements souterrains pouvant expliquer les variations de
débit et de concentration de nitrate observées en cours d’année (Piriou
et al., 1993).
Les écoulements souterrains très lents sont caractérisés par des échelles
de temps pouvant varier de quelques mois à plusieurs années, très différentes cle celles des écoulements superficiels rapides (dont le ruissellement) qui sont comprises entre quelques heures et quelques jours. Ils
peuvent donc, selon leur importance relative, jouer un rôle significatif dans les temps de transferts du nitrate au milieu marin.
Nous analysons dans cet article le rôle de la géologie dans les écoulements souterrains et montrons l’importance de ceux-ci dans les variations saisonnières des flux à l’exutoire. En nous basant sur l’analyse
précise du comportement de 45 bassins versants jaugés du Finistère avec
l’estimation de la contribution relative de paramètres pluviométriques,
morphologiques et géologiques, nous avons élaboré une typologie des
bassins versants qui permet de rattacher tout bassin ne faisant pas l’objet d’un suivi régulier à une classe déterminée au sein de laquelle il est
possible d’estimer des flux.
Cadre général
Les bassins versants ont des caractéristiques morphologiques, géologiques, climatiques et pluviométriques très différentes.
Le réseau hydrographique très dense (fig. 1, p. 346) témoigne du caractère limité des écoulements souterrains. Aucun point en Bretagne n’est
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