Introduction
Tableau 1 - Effets d’une diminution de 25 % des apports d'azote
sur les pertes d’azote et sur le rendement.
Maïs
Blé
Pomme de terre
Baisse des pertes d’azote
4 %
9 %
2 %
Baisse des rendements
14 %
10 %
22 7
Source : Johnson et al. 1991.
Quant aux effets d’une taxation, il apparaît qu’une taxe de 100 % réduirait le profit de 14 % pour le blé, 7 % pour le maïs et 4 % pour les
pommes de terre, cela correspond à une élasticité entre -0,02 et -0,13.
C’est normal puisque l’élasticité du prix de la demande dérivée varie
directement avec la part factorielle et les taux de substitution avec les
autres facteurs. Or, ici, eau et azote sont les deux seuls facteurs variables
représentant entre 3 % et 11 % du coût total. Une taxe sur les pertes
en nitrate réduit moins les profits et est plus efficace en terme de pollution. Mais une telle taxe suppose d’importants coûts de suivi au
niveau cle chaque exploitation.
En conclusion, ces résultats, valables uniquement pour trois cultures
et dans un contexte technique précis, montrent que l’on peut dans un
premier temps par une meilleure gestion de l’eau et de l’azote réduire
la percolation avec un faible impact sur le revenu. Au-delà, la réduction des pertes d’azote s’accompagne de coûts sensibles pour les producteurs.
Dans une approche bio-économique appliquée à deux sites représentatifs des plus importantes régions agricoles de l’Ohio, Hopkins et al. (1996)
enchaînent les trois modèles WXGEN, Gleams et un modèle de maximisation du profit. Dans le premier site, on a un système de production de type grandes cultures seules et un système de grandes cultures
associées à la production porcine. Dans le second site, de relief plus
accentué, on a un système de grandes cultures seules et un système de
grandes cultures associées avec la production laitière. Les auteurs considèrent quatre types de rotation, trois types de labour (conventionnel,
labour minimum, pas de labour) et quatre stratégies de fertilisation
avec un taux élevé et modéré, avec des engrais minéraux ou une combinaison entre engrais minéraux et effluents animaux.
Dans les solutions de base, il apparaît que les exploitations de polycultureélevage polluent plus car les apports d’engrais organiques ne permettent pas un ajustement aussi précis que les fertilisants minéraux aux
besoins des ctiltures.
Une taxation de l’azote a, comme prévu, un impact plus important sur
les revenus des systèmes de grandes cultures sans production animale
que sur ceux des systèmes mixtes. Là aussi, on voit que les taxes, soit
sur les engrais eux-mêmes, soit sur les émissions azotées, doivent être
élevées pour avoir un effet. Cela pose un problème du fait que les conséquences de ces taxes sont plus fortes sur les exploitations de grandes cultures que sur les mixtes alors que ce sont ces dernières qui polluent plus.
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