Pollutions diffuses : du bassin versant au littoral
On constate sur la figure 7 que SO 4
2-, HCO3 et le pH ont tendance à
augmenter lorsque l’eau est plus réductrice, ce qui peut signifier que
les réactions (1 ) et (2) sont les plus actives et suffisent à conduire rapidement la dénitrification à son terme dans la partie supérieure de la
zone réductrice. Il faut remarquer à ce sujet que l’énergie libre (DG°)
libérée par la réaction (1) est très proche de celle de la réaction aérobie
(CH2O + O2 —> CO2 + H2O), ce qui fait qu’elle pourrait se produire
dans un milieu où existe encore de l’oxygène (Mariotti, 1986).
Toutes ces réactions aboutissent à la production d'azote gazeux et, pour
lequation (1 ), à du dioxyde de carbone, ce qui peut expliquer le dégazage de l’eau, parfois important, durant les pompages d’essai. Le meilleur
rendement est obtenu avec la matière organique puisque 1 mg de C-CH2O
peut détruire 5 mg de nitrate alors que 1 mg de pyrite ou de fer ferreux
n’en détruiront respectivement que 1, 4 et 0,2 mg. De plus, on a vu précédemment que le processus hétérotrophique semble très actif dans le
périmètre. Il faut remarquer que 4 mg de C-CH2O suffisent pour éliminer 10,8 mg d’OD (saturation à 12 °C). Or, il a été dosé dans treize
échantillons d’eau, entre 0,4 (eau sans nitrate, profonde) et 5,9 mg.l -1
(eau avec nitrate, peu profonde) de carbone organique dissous (COD),
ce qui semble indiquer que la matière organique disponible, si elle est
utilisable, pourrait suffire à abaisser la concentration en oxygène chssous au-dessous du seuil qui permet la dénitrification par la réaction
( 1 ). Elle débuterait donc éventuellement dans la zone saturée encore faiblement oxydée.
Possibilité de généralisation
A l’échelle du bassin versant du Kerharo, treize forages de profondeurs
comparables à ceux du périmètre de Kerveldreac'h ont été suivis pendant une année environ (6 à 25 séries d'analyses). Six d’entre eux ont
des concentrations en nitrate comprises entre 0 et 0,1 meq.l - 1 , et sept
entre 0,3 et 1,7, parmi lesquels trois présentent une variabilité (max/min)
de 2 à 3. À première vue, on pourrait conclure à des possibilités de
dénitrification localisées, distribuées de façon aléatoire, en fonction cles
conditions environnementales. En fait, cela montre que les données
sont biaisées (fonctionnement propre cles forages, positionnement de ceuxci dans les zones d’alimentation, de circulation ou d’émergence, mélange entre les eaux de fissures à diverses profondeurs lors cles pompages,
moments où les prélèvements sont effectués, etc.). Ceci masque l’extension à tout le bassin versant du fonctionnement hydrochimique mis
en évidence clans le périmètre expérimental. C'est là le lot commun
des milliers de forages d’exploitation en région cle socle.
L’organisation hydrochimique verticale, souvent masquée et biaisée par
le fonctionnement hydrodynamique propre aux forages et à celui cle la
nappe, doit se retrouver dans tout le Briovérien schistogréseux du Massif armoricain où les effets de la dénitrification ont, par ailleurs, été
reconnus ponctuellement en de nombreux endroits, comme à Naizin,
en Centre-Bretagne (Pauwels, 1 994 ; Martelat et al., 1997 ). Il en est pro192
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