Pollutions diffuses : du bassin versant au littoral
La contamination bactériologique des eaux littorales menace les activités conchylicoles et de baignade. Parmi les bactéries d’origine animale
répertoriées et dont la transmission à l’homme se fait par la voie orale,
la majorité d entre elles a eté isolée du milieu marin. Bien que l’on ne
dispose que de peu d’études épidémiologiques évaluant le risque infectieux, la responsabilité de Salmonella et de Campylobacter a été démontrée dans des épisodes de gastro-entérites chez l’homme, après consommation de coquillages (Griffin et al., 1983 ; Abeyta et al., 1993 ; Greenvvood et al., 1 998).
Des indicateurs spécifiques d’une contamination fécale humaine ou
animale ont été décrits dans la littérature (revue dans Pourcher, 1991 ;
Sinton et al., 1998) mais aucun ne peut être employé de façon fiable
pour le traçage d'une pollution de l’environnement, du fait soit de leur
brève survie en dehors d’un tube digestif, soit de leur rejet à des concentrations faibles rendant leur détection difficile.
Introduction
Dans le but d’évaluer l’importance qualitative et quantitative de la
contamination bactérienne de coquillages élevés en aval d'un bassin
versant à forte densité d’élevages, l’Ifremer et ses partenaires associés
au sein de Bretagne Eau Pure (agence de l’Eau Loire-Bretagne, conseil
général des Côtes-d’Armor, Région Bretagne) ont mis en place un programme de recherche sur deux ans : Rejets agricoles et bactériologie
(baie de la Fresnaye).
Objectifs de l’étude
De façon à satisfaire à la réglementation, le contrôle microbiologique
des zones conchylicoles est assuré par l’Ifremer, au travers du dénombrement des coliformes fécaux (thermotolérants) dans les coquillages.
Ces bactéries indiquent une contamination fécale mais leur présence n’est
pas toujours corrélée avec celle de bactéries pathogènes. La recherche
et, plus encore, le dénombrement de ces dernières nécessitent des techniques lourdes et coûteuses, difficilement applicables en surveillance.
C est pourquoi peu de clonnées sont disponibles sur les niveaux de
contamination réelle des coquillages en bactéries pathogènes.
De nombreux facteurs intervenant sur la survie et le transfert des bactéries au sein des bassins versants avant leur arrivée en mer, il a semblé préférable de rechercher directement dans des coquillages élevés
en aval d’une zone agricole des bactéries potentiellement pathogènes
pour l’homme et rejetées par les animaux. Les flux de ces bactéries ont
été également mesurés dans les rivières se jetant dans la baie étudiée.
Parallèlement à la numération des bactéries témoins de contamination
fécale (coliformes et streptocoques fécaux), cinq espèces bactériennes d’intérêt sanitaire ont été dénombrées : Salmonella, Campylobacter, Yersinia
enterocolitica, E. coli VTEC (producteur de vérotoxines), toutes quatre
170
La contamination bactériologique des eaux littorales menace les activités conchylicoles et de baignade. Parmi les bactéries d’origine animale
répertoriées et dont la transmission à l’homme se fait par la voie orale,
la majorité d entre elles a eté isolée du milieu marin. Bien que l’on ne
dispose que de peu d’études épidémiologiques évaluant le risque infectieux, la responsabilité de Salmonella et de Campylobacter a été démontrée dans des épisodes de gastro-entérites chez l’homme, après consommation de coquillages (Griffin et al., 1983 ; Abeyta et al., 1993 ; Greenvvood et al., 1 998).
Des indicateurs spécifiques d’une contamination fécale humaine ou
animale ont été décrits dans la littérature (revue dans Pourcher, 1991 ;
Sinton et al., 1998) mais aucun ne peut être employé de façon fiable
pour le traçage d'une pollution de l’environnement, du fait soit de leur
brève survie en dehors d’un tube digestif, soit de leur rejet à des concentrations faibles rendant leur détection difficile.
Introduction
Dans le but d’évaluer l’importance qualitative et quantitative de la
contamination bactérienne de coquillages élevés en aval d'un bassin
versant à forte densité d’élevages, l’Ifremer et ses partenaires associés
au sein de Bretagne Eau Pure (agence de l’Eau Loire-Bretagne, conseil
général des Côtes-d’Armor, Région Bretagne) ont mis en place un programme de recherche sur deux ans : Rejets agricoles et bactériologie
(baie de la Fresnaye).
Objectifs de l’étude
De façon à satisfaire à la réglementation, le contrôle microbiologique
des zones conchylicoles est assuré par l’Ifremer, au travers du dénombrement des coliformes fécaux (thermotolérants) dans les coquillages.
Ces bactéries indiquent une contamination fécale mais leur présence n’est
pas toujours corrélée avec celle de bactéries pathogènes. La recherche
et, plus encore, le dénombrement de ces dernières nécessitent des techniques lourdes et coûteuses, difficilement applicables en surveillance.
C est pourquoi peu de clonnées sont disponibles sur les niveaux de
contamination réelle des coquillages en bactéries pathogènes.
De nombreux facteurs intervenant sur la survie et le transfert des bactéries au sein des bassins versants avant leur arrivée en mer, il a semblé préférable de rechercher directement dans des coquillages élevés
en aval d’une zone agricole des bactéries potentiellement pathogènes
pour l’homme et rejetées par les animaux. Les flux de ces bactéries ont
été également mesurés dans les rivières se jetant dans la baie étudiée.
Parallèlement à la numération des bactéries témoins de contamination
fécale (coliformes et streptocoques fécaux), cinq espèces bactériennes d’intérêt sanitaire ont été dénombrées : Salmonella, Campylobacter, Yersinia
enterocolitica, E. coli VTEC (producteur de vérotoxines), toutes quatre
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