Pollutions diffuses : du bassin versant au littoral
Compte tenu des quantités appliquées, proches de 1 500 g à l’hectare,
ce serait selon cette hypothèse près de la moitié de la matière appliquée
qui disparaîtrait rapidement. L’interception par les plantes, la volatilisation lors de l’application et les entraînements massifs par la première
pluie qui suit immédiatement le traitement peuvent expliquer des
pertes rapides dont l’équation précédente ne rend pas compte.
• Bilans des quantités transférées
Si les crues, notamment celles qui suivent de quelques jours les traitements, transfèrent massivement les matières actives à l’exutoire des
bassins versants, les concentrations bien que faibles ne sont jamais nulles
en dehors de ces épisodes. La figure 8 donne à titre d’exemple les concentrations en atrazine en dehors des crties ainsi que les débits du ruisseau
de La Villeneuve après la reprise de l’écoulement à l’automne 1997.
Figure 8
Évolution des teneurs
en atrazine en dehors
des crues et débits moyens
journaliers à l’exutoire du
sous-bassin de La Villeneuve
de l’automne 1997
au printemps 1998.
Pour faire un bilan pas trop erroné des masses exportées, il est nécessaire de prendre en compte ces deux régimes hydrologiques. En procèdant ainsi, la perte totale en atra/ine d’avril 1997 à avril 1998 peut
être estimée sur le sous-bassin de La Villeneuve à 30,4 g soit 0,23 %
dcs 1 3,5 kg appliqués. Sur ces 30, 4 g perdus à l’exutoire du bassin, 70 %
(21,3 g) sont entraînés lors cles crues contre 30 '/ (9,1 g) en dehors de
ces épisocles. Les quelques crues qui suivent les applications transfèrent
à elles seules 17 g d’atrazine, soit plus de 50 % du total des exportations pour ce cycle cle culture. Pour les produits de dègradation, les pertes
sont plus faibles mais non négligeables au regard de celles de la molécule mère avec des valeurs de 15,1 g pour la dééthylatrazine et de 5,1 g
pour la déisopropylatrazine. Ainsi, la masse des deux premiers produits
de dégradation représente près de 40 % de la masse globale exportée.
Exportation de l’atrazine à l’exutoire du bassin
• Évolution des concentrations
En dehors des périodes de crue, les concentrations en atrazine restent
faibles. Elles varient de 0,03 µg/1 à 0,23 µg/1 pendant la période d’observation.
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