Pollutions diffuses : du bassin versant au littoral
l’intensification de l’agriculture, vue à travers l’accroissement des rendements, provient d'une plus forte utilisation des facteurs variables. En
particulier, il y a une augmentation parallèle du recours aux produits phytosanitaires et aux engrais. Pour des raisons agronomiques, l’utilisation
d’un de ces deux facteurs augmente la productivité marginale espérée de
l’autre. En effet, les phytosanitaires protègent un rendement potentiel
lié à l’emploi des autres intrants et l’utilisation massive de ceux-ci fait
que les dégâts potentiels dus aux ennemis des cultures sont importants,
justifiant ainsi de hauts niveaux de protection. Dans ces conditions, le
comportement des exploitants face au risque devient primordial. Lorsqu’il y a aversion au risque, ce qui est le cas courant, on aura des agriculteurs ayant tendance à mettre plus d’engrais et de pesticides que ce
qui serait techniquement souhaitable, d’où la nécessité d’avoir des mécanismes économiques susceptibles de contrer cette surutilisation (systèmes d’assurances).
Pour pallier ces difficultés, en restant au plus près de la recherche d’un
optimum de premier rang, on a tenté de procéder par approche directe
ou par voie indirecte. Dans le premier cas, on cherche à définir des
mécanismes incitatifs visant à ramener la pollution constatée à l'exutoire d un bassin au niveau souhaité. On a ainsi proposé une taxation
assise sur l' écart entre qualité observée et qualité recherchée, complètée par une politique d’investissement permettant de mieux suivre les
émissions (Xepapadeas, 1994). Ici, on fait l’hypothèse d’asymétrie de
l'information en faveur des agriculteurs. Dans l'approche indirecte, on
estime les émissions par le biais de modèles biophysiques simulant les
pollutions a partir de données climatiques gènèrèes stochastiquement
et compte tenu des conditions agropédologiques (Shortle & Dunn,
1986). On dètermine ainsi les impacts environnementaux. On peut
alors proposer les instruments les mieux à même deviter ces impacts.
La, on suppose que les agents ne détiennent pas d’information particulière et qu’ils nevaluent pas correctement les conséquences environnementales de leurs pratiques. C’est cette deuxième démarche que
l'on développera ici.
Les principes du couplage des modèles biophysiques
et économiques
Il s’agit de relier les processus d emission des polluants provenant des
activités agricoles aux modalités de gestion des exploitants. La structure générale de ces systèmes intégrés varie selon le type particulier de
problème que l’on cherche à résoudre et les conditions spécifiques du
bassin versant retenu. Certains mettent l’accent sur le niveau régional
(Mapp et al., 1994 ; Wu et al., 1996), d ’autres se basent sur des unitès
de production représentatives (Hopkins et al., 1996) ou bien envisagent
des systèmes de production simplifiés de type monoculture ou polyculture-élevage. Toutefois, en terme d architecture gènérale, on peut
retenir un schéma où sont couplées trois familles de modèles.
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