Pollutions diffuses : du bassin versant au littoral
alors que le phosphore, très adsorbable, migre par ruissellement avec
des périodes d’immobilisation qui durent très longtemps ;
• Toute l’activité bretonne contribue à ces apports et non seulement l'agriculture littorale ;
• En raison de la très grande variabilité des concentrations et de la
vitesse des variations, les suivis de qualité des eaux doivent s’accompagner de mesures de débit ou de vitesse d’eau, et les résultats des analyses chimiques doivent être assortis des données concernant les circonstances de prélèvement (météorologie, délai par rapport aux épandages, état de lecoulement) pour avoir une signification ;
• La concentration varie dans l’eau d’un même ruisseau non seulement
en fonction de la pression polluante qui est infligée à son bassin mais
aussi en fonction d’autres facteurs comme les conditions météorologiques, le cycle biologique des plantes ou l’activité bactérienne dans le
sol de ce bassin. La comparaison de deux cours d’eau ou de la situation
d’un cours d’eau à deux moments différents ne peut se faire en ne mesurant que la concentration en nitrate. Évaluer l’efficacité des moyens de
lutte contre la pollution, la validité des politiques d’aménagement des
bassins et de modification des pratiques agricoles qui sont préconisées
pour récupérer la qualité des cours nécessite de tenir compte de cette
variabilité et de disposer de suivis à long terme;
• Mieux raisonner les intrants dans l’activité agricole est indispensable
pour éviter une catastrophe irrémédiable à long terme mais le délai
pour obtenir des effets sur l’eurrophisation sera très long ;
• Les mesures d’aménagement de l’espace auront des effets plus rapides
mais d’ampleur limitée ou localisée ou temporaire. Les mécanismes de
transfert mis en évidence par l’étude de variabilité des concentrations
comprennent des stades de piégeage des polluants qu’il peut être intéressant de favoriser. La forte capacité d’adsorption du phosphore par
exemple se prête au piégeage de cet élément dans des mares par décantation et à la limitation des fuites par lutte contre le ruissellement dans
les zones à risques.
C’est en agissant sur les mécanismes qui influencent fortement les
transferts que l’on pourra les réduire et, par conséquent, améliorer avec
le plus d’efficacité la qualité des eaux. Ainsi, équiper les sièges d’exploitation de gouttières et systèmes d’écoulement pour éviter les
départs directs réduira les fuites d’ammonium et d'azote organique
mais, compte tenu de la faible proportion de ces formes dans le flux
global d’azote, cela n’aura guère d’incidence sur la teneur des eaux en
nitrate, ni sur le potentiel de développement cles algues.
Références bibliographiques
Cann C., 1990a. Transfert du phosphore d’une zone d elevage intensif
vers les eaux. Rapport au ministère de l’Environnement, Cemagref,
Rennes, 87 p. + annexes.
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