Pollutions diffuses : du bassin versant au littoral
Fertilisation des cultures
La fertilisation des cultures est en général excédentaire, en relation avec
les fortes quantités d'effluents d’élevage disponibles pour lepandage et
aussi du fait des pratiques d’épandage c]ui conduisent, pour des raisons
technico-économiques, à concentrer les apports d'effluents sur les cultures de maïs au printemps et, dans une moindre mesure, sur les chaumes
cie céréales ou sur les prairies à i’automne alors que la fertilisation des
céréales et des prairies est encore largement couverte par des engrais minéraux azotés achetés (74 t en 1994). Ces pratiques ont des conséquences
défavorables sur l’environnement pour au moins deux raisons : d’une
part, les quantités d'azote apportées sur les maïs sont très excédentaires
par rapport aux besoins de la culture, malgré son bon niveau de rendement, ce qui se traduit par un reliquat azoté important dans les sols à
l’automne, avant la reprise du drainage, alors que les rotations pratiquées
limitent la mise en place d’une culture dérobée efficace (ci-dessus) ;
d’autre part, les apports d’automne sont moins bien valorisés par les cultures que les apports cle fin d'hiver ou de printemps. Par ailleurs, sous
ce climat océanique, les températures douces de l’automne et de l’hiver autorisent le maintien d’une activité microbienne dans le sol et
contribuent ainsi à augmenter l’azote minéral disponible pour la lixiviation alors que les prélèvements par les cultures sont faibles durant
cette période.
Nous observons, ces dernières années, une évolution des pratiques de
fertilisation vers une meilleure répartition des effluents d’élevage se
traduisant notamment par une augmentation de l’urilisation sur les
céréales en fin d’hiver et par la meilleure prise en compte de la valeur
fertilisante des effluents dans la détermination des doses. Cependant,
l’effet est encore trop limité pour être visible dans les sols et dans l’eau
et peut être facilement annulé par une augmentation des élevages et de
leurs rejets. Finalement, l’excédent azoté (différence entre les entrées
d’azote et les sorties sur le bassin) est très élevé : de l'ordre de 1 75 t
d’azore par an, soit environ 150 kg.ha' .
La fertilisation en phosphore, corame en potasse, est également excédentaire si l’on considère que la plupart des sols sont maintenant correctement pourvus en ces éléments.
Traitements phytosanitaires
Les pratiques de traitement phytosanitaires ont fait l’objet de plusieurs enquêtes successives auprès des producteurs (1991, 1994 et
1 996) et ont concerné surtout la culture du maïs et les herbicides mais
pas exclusivement. Plus de quatre-vingts matières actives ont été
recensées sur le bassin versant.
En dehors des cultures légumières, peu représentées sur le bassin aujourd’hui, les céréales d’hiver (blé, orges) sont les cultures qui reçoivent le
plus de traitements. La pratique courante pour ces cultures est de réaliser, en plus du traitement des semences, un ou deux traitements herbicides dont généralement un à base d’isoproturon, deux traitements
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