Introduction
Si la concentration de nitrate des cours d’eau évolue selon les saisons
et d’une année sur l’autre en fonction des variations climatologiques,
la tendance de fond est à l’augmentation. Celle-ci est généralement
chiffrée autour de 1,5 mg/l/an. Actuellement, la réglementation européenne oblige à abandonner les captages où l’eau brute dépasse la
concentration seuil de 100 mg/l. Le pompage d’eau brute contenant plus
de 50 mg/l de nitrate est toléré durant un maximum de cinq ans au cours
desquels des mesures préventives de reconquête de la qualité de l’eau
doivent être prises. Pour ces deux motifs, des captages de plus en plus
nombreux cloivent être abandonnés, en compensation de quoi des interconnexions de réseaux et des forages profonds permettent d’accéder à
des eaux de qualité nitrique acceptable. De plus, des traitements de dénitratation sont installés en nombre croissant sur les réseaux de distribution
les plus affectés. Ces évolutions contribuent à augmenter le prix de
revient de l’eau potable, d’autant que la demande de fourniture a tendance à croître.
Certaines actions visant à reconquérir ou du moins à maîtriser une qualité d’eau correcte eu égard aux besoins sont démarrées depuis plus ou
moins longtemps (Bretagne Eau Pure 2, bassins versants tests à marée
verte, PMPOA, etc.).
Dans le présent programme, on s’est attaché à plusieurs points concernant à la fois la compréhension des processus et les voies d’amélioration de la situation. Les processus de transfert ont été étudiés là où ils
sont les plus intenses, c’est-à-dire en surface et à faible profondeur. Audelà de l’influence des intrants, celle des facteurs météorologiques a
été étudiée à l’échelle des crues, des saisons et des variations interannuelles. Une modélisation du comportement du nitrate a été réalisée ;
elle permet de simuler un certain nombre de scénarios. Par ailleurs, les
processus de dénitrification existant en profondeur dans les horizons saturés d’eau ont été précisés, ainsi que la flore bactérienne qui en est partiellement responsable. Les possibilités de dénitrification en surface
dans des zones humides, qu’elles soient naturelles ou aménagées dans
ce but, ont été étudiées.
Phosphore
À la différence de l’azote, le phosphore est apporté aux eaux douces ou
marines par les activités industrielles, domestiques et agricoles. Il entretient le potentiel de développement des algues en milieu marin et il est
responsable des proliférations d'algues dans les retenues d’eau douce
et les cours d’eau lents. L’eutrophisation cles eaux douces rend difficile,
voire impossible, la potabilisation des eaux de surface et peut générer
des mortalités très importantes de poissons lors de la décomposition des
algues en période estivale.
Les mesures à caractère préventif ou curatif que sont les traitements d’épuration des effluents industriels ou domestiques réduisent progressivement
les apports ponctuels au milieu naturel. Dans ces conditions, la part du
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