La fréquence d'isolement est de 75 à 100 %, que ce soit après épuration physico-chimique
(Toulon), biologique (Morlaix, Montpellier) ou par lagunage (Mèze). On enregistre des
concentrations moyennes allant de 0,1 à 100 pour 100 ml. Les rejets de Salmonelles dans
le milieu naturel sont donc bien réels, même après traitement des eaux usées. Les
concentrations paraissent faibles en comparaison de celles des coliformes et streptocoques
fécaux, mais on ne peut négliger cette fraction de la flore, compte tenu de son importance
pour la santé publique (via la consommation de coquillages pour les problèmes de rejets en
mer).
Il convient de faire ici une remarque concernant les techniques de mise en évidence et de
numération des bactéries. Les techniques de culture ne permettent pas, en général, le
recouvrement total des bactéries d'origine entérique, stressées par un passage dans
l'environnement (Roszack et al., 1984 ; Xu et al., 1982) : il y a alors sous-estimation de
leur nombre réel. Des techniques directes, faisant appel à l'immunologie
(immunofluorescence, ELIS A * ...),
ou à la biologie moléculaire (sondes ADN, ARN), sont
à l'étude actuellement, pour leur application à des prélèvements des milieux extérieurs. Elles
devraient mettre en évidence très précisément une espèce bactérienne, et même un pouvoir
toxinogène. On aura alors les outils pour rechercher des bactéries non cultivables, mais
viables toutefois, et dont le pouvoir pathogène est peut-être conservé (Colwell et al., 1985).
La réglementation actuelle en matière de contrôle bactériologique des eaux ne fait appel
qu’aux seules méthodes de culture des bactéries : une évolution des normes est souhaitable.
* ELISA : Enzyme linked Immuno-Sorbent Assay
TOULON
MORLAIX
Figure 2 : \ ariations des flux de coliformes fécaux (C.F.) en sortie de station, sur une période de six mois.
Si 1 on exprime maintenant les rejets, non plus en termes de concentrations mais de flux
journaliers, on observe que les variations sur une période de six mois sont peu marquées,
que ce soit à Morlaix ou à Toulon (fig. 2). Ces valeurs de flux de coliformes fécaux seront
introduits dans des modèles de dispersion des effluents (Salomon, 1991 ; Thouvenin, 1991).
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