La pollution fécale de l'environnement est classiquement évaluée par la numération des
"germes-tests" ou bactéries témoins de contamination fécale : conformes fécaux et
streptocoques fécaux. Nous avons utilisé ces indicateurs, mais nous avons également
recherché des bactéries d’origine entérique, pathogènes pour l'homme, en l'occurence des
Salmonelles, dont le cycle de dissémination est lié à l'eau. Il existe d'autres espèces
bactériennes responsables de maladies à transmission hydrique, rejetées par les fécès
(Shigella, Yersinia....'), mais leur mise en évidence dans l'environnement se heurte à des
problèmes techniques, qui trouveront certainement une solution dans un proche avenir, grâce
à des techniques de reconnaissance immunologiques ou génétiques.
ASPECTS QUANTITATIFS
Nous avons utilisé, pour cette étude, des méthodes de dénombrement par culture :
. coliformes fécaux : incorporation en gélose au désoxycholate (AES Laboratoires),
incubation 24 heures à 44 °C.
. streptocoques fécaux : incorporation en gélose de Slanetz et Bartley (AES Laboratoires),
incubation 48 heures à 37 °C.
. Salmonella (d'après Baleux et coll., 1988) : enrichissement en bouillon sélénite (BIOMERIEUX) additionné de Prill w (détergent) et de novobiocine : incubation 24 heures
à 43 °C, puis étalement sur gélose Salmonella-Shigella (BIO-MERIEUX), 24 heures à
37 °C. L'identification est réalisée à l'aide de galeries API 20 E. Cette technique a été
utilisée en semi-quantitatif.
La flore totale a été, quant à elle, évaluée directement par épifluorescence après coloration
à l'acridine orange (Hobbie et al., 1977).
Cette observation par épifluorescence est intéressante, car elle permet de visualiser
l'échantillon au microscope. Dans un effluent de sortie de station, par exemple, on observe
des bactéries libres, mais aussi des micro-colonies, des chaînettes de bactéries s'étant
multipliées, mais pas dispersées, et des flocs de matière organique dans lesquels de
nombreuses bactéries sont piégées. Dans un effluent brut, le nombre total de bactéries peut
atteindre 5 x 109/100 ml. Les coliformes fécaux (CF) représentent environ 0,1 % de cette
flore, ce qui correspond encore à 5 x 106 CF/100 ml. Après épuration par traitement à boues
activées (station de Morlaix), l'effluent renferme 6 x 108 bactéries/100 ml, dont 5 x 105
CF/100 ml.
Nous avons étudié les variations des concentrations bactériennes dans les effluents des
stations de Morlaix et Toulon, pendant un cycle de 24 heures. Les évolutions des
abondances des coliformes et streptocoques fécaux sont reportés sur la figure 1. On
enregistre, en entrée, une chute des concentrations à partir de 1 heure du matin et jusqu'à
8 heures. Le maximum est observé en milieu de matinée : ce cycle reflète directement les
activités humaines puisqu'il s'agit d'un effluent essentiellement urbain. Par contre, l'effluent
de sortie plus stable, est affecté par le temps de séjour dans la station (de l'ordre de
10 heures à Morlaix, 2 heures à Toulon). A Toulon, le cycle jour-nuit est moins prononcé,
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