Par contre, constatant que ces stations d'épuration classiques laissent globalement "passer"
les sels nutritifs, il a été dit que l'on ne pouvait pas parler de rendement de l'épuration sans
prendre en compte la matière organique potentiellement produite par l'assimilation
biologique de ces sels nutritifs dans le milieu marin. Cette efficacité relative au milieu peut
être estimée approximativement, mais rapidement, par calcul des rendements d'épuration
portant sur l'azote total et le phosphore total. Cette considération s'avère d'autant plus
importante que l'on est en période productive et en zone confinée d'une part, et selon que
l'azote et le phosphore sont limitants d'autre part.
Le plus ou moins grand confinement des eaux marines accentue de façon certaine les risques
d'eutrophisation. Comme les lacs, les sites lagunaires sont de fait les plus exposés. Dans les
cas étudiés, on atteint rapidement, par simple effet de dilution, les concentrations naturelles :
à Toulon, surtout dans la remontée du panache puis lors d'un étalement de surface
géographiquement limité et à Morlaix, par mélange avec les eaux de la rivière dans
l'estuaire ; dans ce cas typique d'un estuaire, il faut noter que l'apport d'azote par la rivière
se révèle très supérieur à celui dû à l'agglomération, et que pour le phosphore, les sédiments
vaseux estuariens se révèlent des réservoirs de stockage.
Il est apparu que l'effort de diminution des concentrations en azote et phosphore des rejets
urbains devrait être relativisé par rapport aux apports des rivières. Dans le cas de l'azote, il
serait vain d'imposer des règles draconiennes aux rejets urbains alors que l'augmentation de
l'azote dans les écoulements, en partie due aux lessivages des terres agricoles, ne sera
vraisemblablement pas maîtrisée avant encore une dizaine d'années.
Du point de vue des manifestations observées dans les zones touchées par des
enrichissements excessifs, on a montré différents cas d'eutrophisation : par macroalgues,
phénomène des marées vertes, plutôt contrôlé par les flux d'azote, mais aussi par
microalgues, phénomène des poussées phytoplanctoniques. L'extrême variété des situations
d'apport et des conditions physiques et écologiques interdit, à l'heure actuelle, toute théorie
simplificatrice sur le rôle respectif de l'azote et du phosphore en tant que facteurs limitant
les productions algales dans les eaux littorales. L'importance extrême de la courantologie
locale a été soulignée, car même de faibles apports sont susceptibles d'entretenir de fortes
proliférations si la zone est particulièrement confinée ; qui plus est, certaines périodes se
révélent particulièrement critiques, par exemple la conjonction des fortes occupations
estivales du littoral, qui engendrent des surcharges dans les stations d'épuration, alors que,
parallèlement, ensoleillement et croissances végétales sont potentiellement maximales.
Cest donc théoriquement pendant les périodes favorables aux poussées d'algues qu'il faudrait
pouvoir intervenir sur l'épuration de l'azote et du phosphore et, de plus, il faudrait des
interventions décidées au cas par cas selon la sensibilité des zones réceptrices, sensibilité
conditionnée en grande partie par les conditions hydrodynamiques. De ce point de vue donc,
une attention particulière doit toujours être portée au choix du point de rejet.
78
les sels nutritifs, il a été dit que l'on ne pouvait pas parler de rendement de l'épuration sans
prendre en compte la matière organique potentiellement produite par l'assimilation
biologique de ces sels nutritifs dans le milieu marin. Cette efficacité relative au milieu peut
être estimée approximativement, mais rapidement, par calcul des rendements d'épuration
portant sur l'azote total et le phosphore total. Cette considération s'avère d'autant plus
importante que l'on est en période productive et en zone confinée d'une part, et selon que
l'azote et le phosphore sont limitants d'autre part.
Le plus ou moins grand confinement des eaux marines accentue de façon certaine les risques
d'eutrophisation. Comme les lacs, les sites lagunaires sont de fait les plus exposés. Dans les
cas étudiés, on atteint rapidement, par simple effet de dilution, les concentrations naturelles :
à Toulon, surtout dans la remontée du panache puis lors d'un étalement de surface
géographiquement limité et à Morlaix, par mélange avec les eaux de la rivière dans
l'estuaire ; dans ce cas typique d'un estuaire, il faut noter que l'apport d'azote par la rivière
se révèle très supérieur à celui dû à l'agglomération, et que pour le phosphore, les sédiments
vaseux estuariens se révèlent des réservoirs de stockage.
Il est apparu que l'effort de diminution des concentrations en azote et phosphore des rejets
urbains devrait être relativisé par rapport aux apports des rivières. Dans le cas de l'azote, il
serait vain d'imposer des règles draconiennes aux rejets urbains alors que l'augmentation de
l'azote dans les écoulements, en partie due aux lessivages des terres agricoles, ne sera
vraisemblablement pas maîtrisée avant encore une dizaine d'années.
Du point de vue des manifestations observées dans les zones touchées par des
enrichissements excessifs, on a montré différents cas d'eutrophisation : par macroalgues,
phénomène des marées vertes, plutôt contrôlé par les flux d'azote, mais aussi par
microalgues, phénomène des poussées phytoplanctoniques. L'extrême variété des situations
d'apport et des conditions physiques et écologiques interdit, à l'heure actuelle, toute théorie
simplificatrice sur le rôle respectif de l'azote et du phosphore en tant que facteurs limitant
les productions algales dans les eaux littorales. L'importance extrême de la courantologie
locale a été soulignée, car même de faibles apports sont susceptibles d'entretenir de fortes
proliférations si la zone est particulièrement confinée ; qui plus est, certaines périodes se
révélent particulièrement critiques, par exemple la conjonction des fortes occupations
estivales du littoral, qui engendrent des surcharges dans les stations d'épuration, alors que,
parallèlement, ensoleillement et croissances végétales sont potentiellement maximales.
Cest donc théoriquement pendant les périodes favorables aux poussées d'algues qu'il faudrait
pouvoir intervenir sur l'épuration de l'azote et du phosphore et, de plus, il faudrait des
interventions décidées au cas par cas selon la sensibilité des zones réceptrices, sensibilité
conditionnée en grande partie par les conditions hydrodynamiques. De ce point de vue donc,
une attention particulière doit toujours être portée au choix du point de rejet.
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