MECANISMES INTERVENANT DANS LES PHENOMENES D'EUTROPHISATION
Il semble évident que le régime des apports en sels nutritifs soit le premier facteur à
considérer. L'étude des cas d'eutrophisation marine montre cependant que l'effet écologique
de ces apports terrigènes peut être considérablement modulé par des mécanismes
hydrodynamiques et biologiques.
Les apports terrigènes de sels nutritifs
Les flux instantanés d'éléments nutritifs apportés par un fleuve ou une rivière sont égaux au
produit du débit hydraulique par la concentration de l'élément dans l'eau. Si les variations
du débit sont sous la dépendance du climat et des aménagements hydrauliques, les variations
des concentrations sont plus difficiles à comprendre, car elles reflètent la variété d'origine
des éléments nutritifs. Grossièrement, on oppose le silicium (nécessaire aux diatomées
phytoplanctoniques) dont l'origine est entièrement naturelle et liée à la dissolution des roches
siliceuses, à l'azote et au phosphore qui sont pour partie d'origine naturelle, pour partie de
diverses origines anthropiques. Du fait que les sols retiennent beaucoup plus efficacement
le phosphore que l'azote, l'agriculture est surtout responsable d'apports massifs d'azote sous
forme nitrate, issus du lessivage des engrais chimiques ou des lisiers. Les rejets urbains au
contraire sont pourvoyeurs à la fois de phosphates (issus de l'excrétion, des lessives et des
déchets industriels) et d'azote, sous forme prédominante d'ammonium. L'interaction de ces
différentes sources terrigènes génère fréquemment une évolution temporelle des
concentrations où l'on peut distinguer une tendance pluriannuelle d'un cycle saisonnier,
Figure 6 : Evolution des concentrations du Gouët (rivière du nord
a) azote ; b) phosphore (document DDAF 22).
-Bretagne) en sels nutritifs.
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