vingt ans, entraînant des gênes croissantes pour le tourisme, pour la pêche (colmatage des
filets) et de violentes anoxies lors de la putréfaction estivale massive, surtout en milieu
lagunaire. De ce phénomène mondialement répandu (fig. 1), l'exemple le plus connu est la
lagune de Venise, où la biomasse d'ulves a été estimée à 550 000 tonnes de poids frais en
juin 1987 (Sfriso et al., 1989). En France, ainsi que le montre la carte des tonnages collectés
par les communes en 1987 (fig. 2, Brault, 1987), il faut distinguer les lagunes
méditerranéennes (étangs palavasiens où, comme à Venise, la décomposition massive des
algues sur place entraîne des anoxies et malaïgues estivales) des sites bretons très ouverts
et à fort marnage, où la biomasse formée au printemps ne se résorbe que lentement,
n'entraînant pas d'anoxie des eaux.
Figure 2 : Volumes d'algues vertes évacués en 1987 par les collectivités locales.
Eutrophisation à phytoplancton
En zone tempérée, la production végétale due au phytoplancton marin est classiquement
caractérisée par un pic majeur de quelques semaines, appelé "bloom", qui se situe au début
du printemps. En hiver, la production primaire est en effet limitée par l'insuffisance
d'éclairement et les basses températures, alors qu'en été et automne, elle est limitée par
l'insuffisance des stocks de sels nutritifs disponibles en mer. Cette carence estivale de sels
nutritifs peut cependant être palliée dans les zones très côtières par des rivières qui
maintiennent un apport sensible de sels nutritifs durant la belle saison. Ce forçage des zones
d'estuaire leur permet de maintenir une importante production primaire durant tout le
printemps, l'été et l'automne et d'atteindre des productions annuelles de matière vivante d'un
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