On observe ainsi un maximum de concentration en phosphate minéral "biodisponible" (de
l'ordre de 24 pmol/g) dans la partie centrale de l'estuaire interne et qui correspond à une
zone d'accumulation de sédiments fins riches en minéraux argileux à forte teneur en fer. A
ce niveau, le reste du phosphore sédimentaire est constitué d'une fraction minéralogique
beaucoup plus stable (13 p.mol/g) et d’une fraction organique peu importante (3 junol/g).
Le calcul du stock de phosphore minéral simplement adsorbé sur une couche sédimentaire
de 10 cm susceptible d'être soumise à la bioperturbation, montre que, dans la partie interne
de l'estuaire (100 ha), et compte tenu de la concentration moyenne en phosphore minéral
adsorbé (6,3 jimol/g), il existe un stock de phosphore facilement échangeable de l'ordre de
10 t. Dans la partie externe de l'estuaire (800 ha), la concentration moyenne en phosphore
minéral adsorbé est de 1,9 pmol/g et le stock de phosphore se monte à près de 50 t. Cette
masse totale de phosphore facilement échangeable dans l'estuaire, d'environ 60 t, est du
même ordre de grandeur que les apports annuels cumulés de la station d'épuration et de la
rivière de Morlaix (50 t/an).
Rapports N/P
L'étude du rapport molaire entre les concentrations en azote minéral dissous et en phosphate
montre qu'au sein de l'estuaire ce rapport se trouve à des valeurs élevées comprises en crue
entre 120 à l'amont et 30 à l'aval ; ces fortes valeurs durant la période hivernale sont
essentiellement dues à l'importance des apports fluviaux en nitrate. En période d'étiage, ce
rapport se maintient à des valeurs comprises entre 70 à l'amont et 15 à l'aval, malgré la
baisse des apports en nitrate d'origine fluviale et la stabilité des apports urbains en
phosphate.
L'ensemble de ces valeurs tend à montrer qu'au sein de l'estuaire, les rapports N/P restent
élevés et traduisent une influence nette de la qualité des eaux du bassin versant sur les
caractéristiques des eaux estuariennes, en ce qui concerne l'équilibre des sels nutritifs azotés
et phosphorés.
Ces fortes valeurs du rapport N/P, en comparaison de la valeur théorique optimale de 16
pour la croissance du phytoplancton, tendraient à montrer que celle-ci pourrait être limitée
dans l'estuaire par le phosphore ; néanmoins, les concentrations en phosphore au sein de
l'estuaire ne tombent jamais à des valeurs suffisamment basses pour être limitantes. Le stock
de phosphore adsorbé sur les sédiments doit aussi constituer en période estivale une source
potentielle de phosphore pour la colonne d'eau ; en fait la production primaire est plus
probablement limitée dans la zone amont par le temps de résidence des eaux sur le site ou
par la limitation de l’énergie lumineuse, due à la forte turbidité des eaux.
CONCLUSION
L'étude de l'évolution des concentrations en sels nutritifs dans la zone soumise à l'influence
des rejets par émissaire de la station d'épuration de Toulon-Est, montre que les processus
de dilution sont rapides et conduisent dans un rayon proche de l'émissaire à des
concentrations voisines des teneurs rencontrées en zone côtière méditerranéenne.
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