On constate par ailleurs que, durant les périodes de fortes remises en suspension (basse—mer
de vive-eau), il y a au niveau de la zone turbide une décroissance plus rapide des teneurs
en phosphate que celle théoriquement provoquée par la simple dilution des apports.
Cette "disparition" relative des phosphates dissous est très probablement liée à des processus
d'adsorption du phosphore sur les sédiments remis en suspension et dont les capacités de
fixation se trouvent augmentées par leur passage sous une forme oxydée au sein de la
colonne d'eau. Il est possible que ce phosphore soit ensuite lentement libéré lorsque les
sédiments se retrouvent, en période de morte eau, sous une forme réduite au niveau du fond.
Ces derniers phénomènes ne sont cependant pas discernables par l'examen des
concentrations en phosphates dans la colonne d'eau.
Par ailleurs, l'étude des concentrations en phosphates dans les sédiments de l'estuaire de
Morlaix confirme l'existence d'un stock de phosphore minéral potentiellement
"biodisponible", constitué de phosphate minéral adsorbé (dont l'échange avec la masse d'eau
peut intervenir en cas de modification de la salinité ou de la concentration en phosphate
dans l'eau), et de phosphate lié labile (correspondant à des formes liées à des oxydes de fer
ou d'aluminium et qui sont sujettes à des échanges avec la masse d'eau en cas de
modifications physico-chimiques du milieu, telles que changement du potentiel d'oxydoréduction).
Figure 5 : Concentration en phosphore, en fer et en particules fines dans les sédiments de l'estuaire de Morlaix.
Les variations spatiales des concentrations en phosphate dans les sédiments de l'estuaire sont
etroitement liées à leur teneur en particules fines inférieures à 15 um, en fer et en
aluminium (fig. 5).
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