Pour le phosphore, les concentrations dans les effluents épurés de la station varient entre 100
et 170 pmol/1 (Aminot et Guillaud, 1990) et l'on observe, comme pour l'azote, une dilution
rapide du phosphate lors de la remontée des eaux du panache ; les concentrations en
phosphate atteignent à 1 000 m de l'émissaire les valeurs couramment rencontrées dans la
zone côtière et qui sont comprises entre 0,01 pmol/1 et 0,4 pmol/1 (RNO, 1988).
Afin de relativiser les apports en sels nutritifs par les rejets urbains dans la rade de Toulon,
il est intéressant de les comparer aux enrichissements temporaires des eaux provoqués par
les phénomènes d'upwelling qui prennent place lors de coups de vent de mistral.
De telles remontées d'eaux profondes, et plus riches en sels nutritifs, ont par exemple été
observées dans la rade de Toulon en septembre 1984 lors de la campagne INTERSITE II
(RNO, 1987). Les concentrations en azote minéral passent ainsi de 0,2 pmol/1 à 3 pmol/1
ce qui représente un apport potentiel, dans la rade de Toulon (18 km2), d'environ 14 t
d'azote minéral ; cet enrichissement temporaire peut être comparé aux apports de la station
d'épuration qui sont de 0,5 t par jour. En septembre 1984, les observations concernant
l'enrichissement des eaux en phosphate sont moins nettes ; cependant, l'hypothèse d'un
remplacement des eaux de surface à 0,01 pmol/1 par des eaux de fond à 0,3 pmol/1
conduirait à un apport théorique de 3 t de phosphore, qui est à comparer au flux journalier
de la station de 0,06 t/j. Il semble donc que, durant les périodes de mistral où il y a
remontée des eaux profondes, l'enrichissement naturel des eaux de la rade de Toulon en
azote et en phosphore soit supérieur à celui provoqué par les apports de la station
d'épuration.
Contrairement aux risques de dystrophie que représentent les rejets de sels nutritifs par les
apports urbains dans les zones d'étangs méditérranéens, il apparaît que les apports d'éléments
nutritifs d'origine urbaine dans des zones ouvertes et oligotrophes comme la rade de Toulon
ne semblent pas susceptibles d'entraîner de graves problèmes d'eutrophisation. Ceci est
confirmé par l'absence d'augmentation des teneurs en chlorophylle dans le champ proche de
l'émissaire et par l'absence de déficit en oxygène au niveau du fond (A. Romana, comm.
pers.).
SITE DE MORLAIX
Les rejets de la station d'épuration de Morlaix s'effectuant dans la partie amont de l'estuaire,
il est intéressant d'examiner l'évolution des concentrations en sels nutritifs dans cet estuaire
en fonction de la salinité, qui représente en fait un axe de dilution amont-aval des eaux
douces d'origine essentiellement fluviale dans les eaux marines.
Cas de l'azote
Les concentrations en azote minéral total dissous dans l'estuaire de Morlaix sont
essentiellement régies par les apports importants en nitrate de la rivière et les rejets de la
station d'épuration modifient peu les teneurs en azote total.
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