Outre le facteur nutritif limitant, l'étendue de la zone influencée par un rejet ainsi que le
taux d'assimilation des éléments nutritifs doivent être considérés. En effet, compte tenu que
l'apport de matière organique potentielle (phytoplanctonique) est différé par rapport à
l'apport direct, une partie plus ou moins grande de sels nutritifs peut quitter la zone d'impact
avant d'être consommée. Ainsi l'ERM devra-t-elle être considérée comme la limite
minimale d'efficacité de l'ouvrage d'épuration dans les conditions les plus favorables à la
conversion des sels nutritifs en matière organique, à savoir : long temps de séjour, fort taux
d'assimilation. Le taux d'épuration effectif sera compris entre le minimum donnée par l'ERM
et le maximum donné par le rendement classique (fig. 5). Il sera plus ou moins proche de
l'un ou de l'autre de ces extrêmes jselon les conditions locales : site confiné ou ouvert, taux
d'assimilation faible (turbidité, hiver) ou fort (été). La mise en oeuvre de filières d'épuration
performantes demande donc à être examinée dans ce contexte, en envisageant notamment
la possibilité de traitements additionnels utilisés selon les conditions climatiques ou
saisonnières.
ENRICHISSEMENTS URBAINS ET FLUVIAUX DU DOMAINE MARIN
Les deux principaux apports d'éléments nutritifs (azote et phosphore) au domaine marin ont
pour origine les effluents urbains et les cours d'eau. Sans chercher à généraliser à tout le
littoral français, il est intéressant d'effectuer certaines comparaisons qui permettent de
relativiser les sources les unes par rapport aux autres.
Sur le littoral méditerranéen français, on peut ainsi constater (tab. 6) que les apports du
Rhône en azote et en phosphore sont quatre fois plus importants que la totalité des apports
urbains côtiers, correspondant à environ 5 millions d'habitants (Romana, comm. pers.). On
notera que les apports de phosphore du Rhône proviennent pour plus de la moitié d'un rejet
industriel. Dans l'estuaire de Morlaix l'apport urbain azoté ne représente que 10 à 15 % du
total alors que l’apport de phosphore est approximativement équivalent par les deux sources.
Ce type de comparaison semble pouvoir se généraliser aux côtes bretonnes pour lesquelles
il est intéressant de construire des abaques d'équivalence (fig. 6). Sur ces abaques, les flux
nutritifs d'un rejet urbain peuvent être comparés à ceux d'une rivière de débit moyen annuel
connu. On constate que l'on peut généraliser l'observation faite dans lé cas de Morlaix : les
apports urbains en azote dans un estuaire sont, en général, au moins d'un ordre de grandeur
inférieurs aux apports par la rivière. Pour le phosphore la situation est moins tranchée et un
examen local détaillé mérite d'être effectué dans le but de déterminer l'importance relative
des sources. En outre, selon la saison, donc selon le débit des rivières, la situation change
signifîcativement entre l'hiver et l'été.
En conséquence, le choix d'une filière d'épuration devra tenir compte des autres flux
locaux : il serait par exemple irrationnel et pénalisant pour le citoyen d'investir lourdement
dans l'élimation de l'azote urbain dans un site où 90 % du flux serait apporté par la rivière.
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taux d'assimilation des éléments nutritifs doivent être considérés. En effet, compte tenu que
l'apport de matière organique potentielle (phytoplanctonique) est différé par rapport à
l'apport direct, une partie plus ou moins grande de sels nutritifs peut quitter la zone d'impact
avant d'être consommée. Ainsi l'ERM devra-t-elle être considérée comme la limite
minimale d'efficacité de l'ouvrage d'épuration dans les conditions les plus favorables à la
conversion des sels nutritifs en matière organique, à savoir : long temps de séjour, fort taux
d'assimilation. Le taux d'épuration effectif sera compris entre le minimum donnée par l'ERM
et le maximum donné par le rendement classique (fig. 5). Il sera plus ou moins proche de
l'un ou de l'autre de ces extrêmes jselon les conditions locales : site confiné ou ouvert, taux
d'assimilation faible (turbidité, hiver) ou fort (été). La mise en oeuvre de filières d'épuration
performantes demande donc à être examinée dans ce contexte, en envisageant notamment
la possibilité de traitements additionnels utilisés selon les conditions climatiques ou
saisonnières.
ENRICHISSEMENTS URBAINS ET FLUVIAUX DU DOMAINE MARIN
Les deux principaux apports d'éléments nutritifs (azote et phosphore) au domaine marin ont
pour origine les effluents urbains et les cours d'eau. Sans chercher à généraliser à tout le
littoral français, il est intéressant d'effectuer certaines comparaisons qui permettent de
relativiser les sources les unes par rapport aux autres.
Sur le littoral méditerranéen français, on peut ainsi constater (tab. 6) que les apports du
Rhône en azote et en phosphore sont quatre fois plus importants que la totalité des apports
urbains côtiers, correspondant à environ 5 millions d'habitants (Romana, comm. pers.). On
notera que les apports de phosphore du Rhône proviennent pour plus de la moitié d'un rejet
industriel. Dans l'estuaire de Morlaix l'apport urbain azoté ne représente que 10 à 15 % du
total alors que l’apport de phosphore est approximativement équivalent par les deux sources.
Ce type de comparaison semble pouvoir se généraliser aux côtes bretonnes pour lesquelles
il est intéressant de construire des abaques d'équivalence (fig. 6). Sur ces abaques, les flux
nutritifs d'un rejet urbain peuvent être comparés à ceux d'une rivière de débit moyen annuel
connu. On constate que l'on peut généraliser l'observation faite dans lé cas de Morlaix : les
apports urbains en azote dans un estuaire sont, en général, au moins d'un ordre de grandeur
inférieurs aux apports par la rivière. Pour le phosphore la situation est moins tranchée et un
examen local détaillé mérite d'être effectué dans le but de déterminer l'importance relative
des sources. En outre, selon la saison, donc selon le débit des rivières, la situation change
signifîcativement entre l'hiver et l'été.
En conséquence, le choix d'une filière d'épuration devra tenir compte des autres flux
locaux : il serait par exemple irrationnel et pénalisant pour le citoyen d'investir lourdement
dans l'élimation de l'azote urbain dans un site où 90 % du flux serait apporté par la rivière.
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