- la cartographie des contaminants a permis de détecter la présence d'une autre source de
pollution représentée par un émissaire rejetant en mer des effluents industriels et urbains
produits par la zone militaire du cap de Saint Mandrier.
- des indices supplémentaires permettent de conforter la bonne cartographie des polluants
chimiques ; en effet, c'est dans les 500 m autour de la sortie de l'émissaire que l'on trouve
des souches de bactéries hétérotrophes marines ayant acquis des résistances spécifiques
aux détergents anioniques, seul contaminant ayant un effet sur le milieu.
En conclusion, l'impact du rejet de l'émissaire de Toulon-est sur les fonds de la rade de
Toulon semble assez limité aussi bien du point de vue spatial que quantitatif. En effet, sa
dispersion ne dépasse pas 1500 à 500 mètres suivant la direction envisagée. Par ailleurs les
concentrations mises en évidence, si elles permettent de délimiter le domaine atteint, sont
souvent inférieures à celles trouvées dans d'autres secteurs pris en référence.
Site de Morlaix
Les teneurs en métaux dans les sédiments sont essentiellement contrôlés par les variations
de la granulométrie et du pourcentage en carbone organique particulaire (Boutier et al.,
1990). Seul le point représentant le bassin à flot apparaît notablement enrichi par des apports
en Pb, Cd, Cu et Zn dont l'origine se situe vraisemblablement dans le port ou les eaux de
ruissellement de la ville. La comparaison entre le bassin versant de la rivière de Morlaix et
la partie aval ne permet pas d'établir une influence nette de l'agglomération (7 à 8 % des
apports annuels) sauf pour le cuivre, qui a été trouvé à des niveaux non négligeables dans
l'effluent de la station (17 % des apports annuels). L'agglomération de Morlaix ne paraît pas
rejeter des quantités de métaux susceptibles de modifier significativement la qualité du
milieu estuarien dans les sédiments autour de la zone de rejet. Pour les polluants organiques,
les résultats obtenus montrent également un impact faible.
CONCLUSION
Cette étude des rejets de la station de traitement physico-chimique de Toulon-Est et la
station biologique de Morlaix, conduite sur un cycle annuel, nous a permis d'acquérir des
informations précises sur les flux annuels de polluants apportés par un rejet urbain
essentiellement domestique.
Ce bilan ne préjuge pas de la forme ni de l'évolution de la pollution urbaine à long terme
dans l'environnement marin littoral et estuarien. Il contribue néanmoins à situer l'importance
de ce type d'apport dans le cadre général de la pollution côtière. A partir de ces données
nous avons évalué les flux globaux en contaminants chimiques attribuables aux rejets
urbains dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Le rôle des détergents y apparaît
dominant à tous points de vue :
- les flux et concentrations sont importants puisqu'une forte dilution est nécessaire avant
d'atteindre le "bruit de fond" ;
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