Ce dernier présente différents degrés, définis par les
conditions de T et P, et caractérisés par des faciès
minéraux, avec apparition et disparition de certains
minéraux (compte tenu de la composition chimique
des roches considérées). Les principales distinctions
ainsi faites sont les suivantes :
-1. Selon les faciès minéraux, un faciès minéral est
défini par l’association de certains minéraux (la
paragenèse) caractérisant le chimisme d’une roche et
le degré de métamorphisme qu’elle a subi. L’étude
expérimentale a permis de délimiter plus ou moins
bien les champs de T et P où un minéral est stable, et
de déterminer, lorsque T et/ou P varient, les
réactions chimiques, avec apparition de nouveaux
minéraux. À la suite des travaux du finlandais P.
Eskola, les principaux faciès minéraux, souvent
divisés en sous-faciès, sur lesquels on s’accorde sont
les suivants :
-1.1. faciès à zéolites : avec un sous-faciès à
heulandite ou à analcime + quartz et un autre, de
degré plus élevé, à laumontite + quartz ;
-1.2. faciès à prehnite et à pumpellyite : avec ces
minéraux, du quartz et apparition possible de
l’épidote ;
-1.3. faciès des schistes verts à chlorite, muscovite,
amphibole (trémolite, actinote), plagioclases acides
(An < 20 : albite, oligoclase) et à la limite supérieure
apparition de biotite ;
-1.4. faciès des schistes à glaucophane - lawsonite
(schistes bleus) avec des sous-faciès à pumpellyite
vers la limite inférieure, à jadéite et quartz à P plus
élevée ;
-1.5. faciès des amphibolites à hornblende verte,
avec épidote et albite dans le sous-faciès inférieur,
ou avec plagioclase plus basique (An > 20) dans le
sous-faciès supérieur ; les micas sont stables et c’est
la zone de P-T où se situe le point triple des silicates
d’alumine (andalousite, sillimanite, disthène) ;
-1.6. faciès des granulites avec orthopyroxène,
plagioclase basique et grenat (almandin - pyrope), et
suivant les cas disthène ou sillimanite ;
-1.7. faciès des éclogites avec omphacite et grenat
(almandin - pyrope) ;
-1.8. faciès des cornéennes qui suivant la température contiennent albite et épidote, ou hornblende
verte, ou pyroxène et grenat (grossulaire) ;
-1.9. faciès des sanidinites avec feldspaths sanidine
et albite.
Noter que ces faciès minéraux ont été définis dans
des séries métamorphiques (séquences) de roches
magmatiques basiques (basaltes, gabbros,...) mais
s’appliquent aux roches d’autres séquences, les
termes utilisés définissant alors seulement un champ
de P et T : ainsi une roche appartiendra au « faciès
des amphibolites » si ses minéraux indiquent les P et
T de ce faciès, alors même que, pour des raisons de
chimisme, elle ne contient pas d’amphibole.
-2. Selon les zones et les isogrades du métamorphisme : en liaison avec les faciès minéraux
précédents, une zone correspond à un volume de
terrain
présentant
un
certain
degré
de
métamorphisme ; sur une carte, les limites de ces
zones sont des isogrades (courbes de même degré)
que l’on nomme, en général, d’après un minéral. P.
ex. l’isograde «chlorite -» correspond à la disparition
de la chlorite au passage dans une zone de plus fort
degré, l’isograde, «biotite +» correspond à l’apparition de la biotite. La reconnaissance et la représentation de ces zones est la zonéographie. Classiquement dans le métamorphisme général, et en se
référant à la séquence pélitique, on distingue :
-2.1. L’anchizone, formant transition entre la
diagenèse et le métamorphisme net, pour T = 100 à
200 C, et P = 1 kbar, difficile à déceler (études aux
RX), et marquée par l’évolution des minéraux des
argiles : disparition de la kaolinite et des interstratifiés au profit de l’illite et/ou de la chlorite, puis
recristallisation de l’illite qui passe à la muscovite ;
la plupart des ardoises sont anchimétamorphiques ;
pour les roches basiques, cf. faciès à zéolites.
-2.2. L’épizone (métamorphisme faible) avec des
roches riches en minéraux hydroxylés (mica blanc,
talc, chlorite, épidote, actinote) ; c’est la zone des
schistes sériciteux et chloriteux (cf. faciès des
schistes verts) ; limite supérieure vers T = 500 C
définie par l’isograde « biotite ».
-2.3. La mésozone (métamorphisme moyen) avec
des roches à biotite et muscovite, épidote,
amphibole, staurotide, certains grenats, disthène
possible ; c’est la zone des micaschistes et des gneiss
à deux micas (cf. faciès des amphibolites) ; limite
supérieure vers 650 C, définie par l’isograde
« sillimanite + feldspath potassique ».
-2.4. La catazone (métamorphisme fort) avec des
roches à feldspath potassique, plagioclase basique,
sillimanite, pyroxène, grenat, biotite encore stable ;
c’est la zone des gneiss à sillimanite et biotite (cf.
faciès des granulites et des éclogites) ; limite
supérieure au-delà de 700 C avec le début de la
fusion (anatexie).
-2.5. L’ultrazone (terme peu usité) avec leptynites à
cordiérte et/ou grenat, la biotite ayant disparu.
Ces limites sont plus ou moins nettes, et les
corrélations avec les faciès minéraux plus ou moins
aisées, si bien que la zonéographie est complexe et
que des flous importants subsistent.
-3. Selon les séquences métamorphiques : une
séquence est l’ensemble des roches métamorphiques, de degré variable, issu d’un même type de
roche originelle caractérisé par une certaine
composition chimique moyenne. Ex., dans le
métamorphisme général :
-3.1. Séquence arénacée : quartzites, gneiss et
leptynites dérivant, à degré de métamorphisme
croissant, de grès et d’arkoses.
-3.2. Séquence argileuse ou pélitique : schistes,
micaschistes, gneiss, leptynites dérivant d’argiles et
de pélites (cf. ectinite).
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