Pour une même composition chimique et des
assemblages minéralogiques très proches, on donne
en général des noms différents a la roche plutonique
grenue, à la roche microgrenue, et à la roche effusive
(ex. granite, microgranite, rhyolite). En ce qui
concerne la composition minéralogique, on distingue
les grands groupes selon qu’il y a excès de SiO 2
(roches saturées, généralement avec quartz), ou
déficit de SiO 2 (roches sous-saturées, caractérisées
par la présence d’olivine et/ou de feldspathoïde) ;
ces groupes sont divisés en familles selon la nature
des feldspaths (alcalins ou basiques) et/ou des
feldspathoïdes et, dans une mesure moindre, des
minéraux ferromagnésiens (olivine présente ou non
p. ex.). Cela conduit à des tableaux qui donnent les
roches principales, mais d’où sont exclues des
roches exceptionnelles constituées de minéraux
habituellement accessoires, ou d’un seul minéral (le
nom de la roche en dérive alors ; p. ex. pyroxénolite,
amphibololite, biotitite). Ces tableaux sont
commodes mais sont arbitraires, car les variations de
composition chimique, ou minéralogique, sont
progressives et continues, ce qu’indiquent d’ailleurs
certains noms (granodiorite, trachyandésite,...). De
plus, l’importance relative des diverses familles
n’apparaît pas, alors que 95% des roches plutoniques
sont des granitoïdes (à 70-75% env. en poids de
SiO 2 ), et que 90% des roches volcaniques sont des
basaltes (à 50-55% env. de SiO 2 ).
En pratique, nommer une roche consiste à l’associer
à une case du tableau, ce qui n’est pas toujours aisé
et nécessite souvent l’usage du microscope, des
analyses chimiques, etc. ; on ajoute souvent à ce
nom diverses précisions, p. ex. granite rose à biotite,
basalte à olivine,... D’autres appellations existent en
grand nombre, mais bien souvent, elles ne désignent
que des variétés d’intérêt local.
magmatisme n. m. - Ensemble des phénomènes liés
à la formation, à la cristallisation et aux déplacements des magmas.
magmatite n. f. - Synonyme de roche magmatique.
magnésite n. f. [de Magnésie, ville d’Asie Mineure]
-1. (Syn. giobertite) Carbonate MgCO 3 , du système
rhomboédrique, à clivages parfaits, à éclat vitreux,
incolore, jaune ou brun, non effervescent à froid
avec le HCl dilué. Minéral accessoire des
serpentines ; minerai de Mg ; -2. (Syn. sépiolite ou
écume de mer) Silicate hydraté Mg 4 [Si 6 O 15 (OH) 2
(H 2 O) 3 ], 3H 2 O de la famille du talc et de la
serpentine, en masse compacte blanc terne, poreuse,
à toucher doux, et présente dans les serpentines.
Également considérée comme minéral argileux, la
sépiolite se trouve en particulier dans les séries
évaporitiques.
magnésium n. m. [de magnésie] - Symbole
chimique Mg. N et masse atomique 12 et 24,32 ;
ion 2
+ de rayon 0,66 Å ; densité 1,7 ; clarke 20 900 à
23 000 g/t, selon les auteurs. Élément combiné à
l’oxygène dans de nombreux silicates (à l’exclusion
des tectosilicates), avec remplacement partiel
fréquent par Fe
2+ (ex. : olivine, grenat, pyroxène,
amphibole,...). On le trouve aussi dans le périclase,
la brucite, les spinelles, la giobertite (ou magnésite)
et la dolomite. Les sels de Mg étant très solubles se
concentrent dans l’eau de mer (où Mg représente
13% du total des sels dissous) et peuvent se
retrouver en abondance dans les évaporites (ex. de la
carnallite). On l’extrait le plus souvent de l’eau de
mer (malgré le faible clarke de concentration,
inférieur à 1).
magnétique (déclinaison -, inclinaison -,
intensité -) - V. magnétisme.
magnétisme terrestre - Ensemble des effets du
champ magnétique lié à la Terre. En première
approximation ce champ est le même que celui que
développerait un barreau aimanté situé au centre du
Globe terrestre (dipôle magnétique central) et que
l’on appelle champ dipolaire, ou champ de Gauss,
ou encore champ géomagnétique. En moyenne, sur
une longue période de temps, on peut considérer que
ce barreau est allongé comme l’axe de rotation de la
Terre, bien qu’il s’en écarte parfois considérablement (jusqu’à 30 ; actuellement de 11,5 ). Ce
mouvement est appelé la variation séculaire. À une
distance suffisante de la Terre, le champ de Gauss
suffit à rendre compte du magnétisme terrestre
(compte non tenu du vent solaire qui le perturbe),
mais lorsqu’on s’en rapproche, le champ réel en
diffère parfois considérablement : on le représente
alors au mieux par des modèles mathématiques qui
tiennent compte d’un champ profond non dipolaire
également affecté par une variation séculaire. Par
rapport à ces modèles, il existe encore, dans
l’espace, des différences avec le champ mesuré :
elles sont appelées anomalies magnétiques et sont
d’un grand intérêt pour l’étude de la structure et de
l’histoire de la croûte terrestre (V. paléomagnétisme). Le champ magnétique en un point peut être
caractérisé par son intensité, son inclinaison (angle
par rapport à l’horizontale), et sa déclinaison
(azimut), ces deux dernières pouvant être matérialisées par l’orientation d’une aiguille aimantée suspendue par son centre de gravité. On peut représenter ces grandeurs cartographiquement par des
courbes d’égale valeur que l’on nomme respectivement isogammes, isoclines et isogones.
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