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Les coquillages de nos rivages
civilisations, où les problèmes de survie ne se posent plus dans les mêmes
termes et où nous connaissons la plupart des animaux de la planète, nos critères
de choix seront plus élaborés et plus abstraits.
Quelles sont les bases de la classification
zoologique traditionnelle ?
D’Aristote (IV
e siècle avant J.C.) à Linné (milieu du XVIII
e ) puis à Lamarck (fin du
XVIII
e – début du XIX
e ) et enfin aux grands anatomistes modernes, la route qui
mène à une classification cohérente est longue. Le génie de Linné (1707-1778)
est d’avoir, le premier, appréhendé l’ensemble des végétaux (il était d’abord
botaniste) puis des animaux et, après avoir établi les affinités entre les espèces,
d’y avoir trouvé une structure intelligible : il découpe dans le règne animal des
catégories hiérarchiques : les classes, elles-mêmes divisées en ordres, puis en
genres et enfin en espèces (les unités famille et embranchement seront adoptées plus tard). Il fondait ainsi une nouvelle science : la systématique, qui, en
attribuant à chaque espèce une place et une seule dans son règne, permet aux
naturalistes de se repérer dans la complexité de la nature. Et pour nommer
cette place dans la classification, Linné généralise la nomenclature binominale,
appelée depuis linnéenne : chaque espèce reçoit un nom composé de deux
mots : celui du genre, commun à plusieurs espèces voisines, suivi du nom
spécifique, caractéristique de chaque espèce. Par exemple, le chien devient
Canis familiaris et le chat Felis domestica. Cette construction ressemble à celle
de notre nom officiel : le patronyme, commun aux personnes de notre proche
famille, suivi de notre prénom, qui nous est particulier.
Aujourd’hui, la classification généralement admise se fonde sur l’idée d’évolution, selon laquelle les animaux dérivent d’un ancêtre commun, dont les
premières formes se seraient différenciées dans les tout premiers temps géologiques en donnant naissance à des formes nouvelles appartenant aux grands
embranchements actuels. Ceux-ci correspondraient aux branches maîtresses
issues d’un tronc commun, puis ils se ramifieraient en branches secondaires
qui seraient les classes, elles-mêmes bifurquées en ordres et ainsi de suite, la
systématique se calant sur les étapes de l’évolution des espèces.
Dans cette recherche des ancêtres communs, les zoologistes professionnels,
équipés d’appareillages scientifiques perfectionnés, ont découvert des parentés
(phylogénies) basées sur les étapes du développement embryonnaire des
espèces, leur ADN ou leurs fossiles. Leurs conclusions ont remis en cause,
précisé ou éclaté une partie de la classification traditionnelle dont les anciens
noms, devenus caducs, ont été remplacés par de nouvelles appellations peu
connues du zoologiste moyen (cf. Lecointre, Le Guyader, 2006).
Cette systématique phylogénétique a fourni des bases plus scientifiques que la
simple ressemblance anatomique. Pour rester simple, nous conserverons les
noms « classiques ».
Qu’on se rassure, l’embranchement des mollusques reste à l’écart de ces vastes
bouleversements à cause de la permanence dans leurs différentes classes de
leurs organes caractéristiques : pied, manteau, masse viscérale, même si leurs
coquilles sont très dissemblables.
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