DISCUSSION
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DISCUSSION
Notre étude qui a pour objectif l’évaluation de la résistance bactérienne aux antibiotiques et
l’influence des apports anthropiques, peut être considérée parmi les premières de ce genre sur
l’environnement marin côtier, en Algérie. En effet, la majorité d'études microbiologiques
consacrées à l'aspect sanitaire de l’environnement aquatique se limitent à l'évaluation de la
charge et des indicateurs de pollution. Peu de données sur la résistance aux antibiotiques dans
l'environnement marin côtier sont disponibles ; tandis que celle-ci apparaît de plus en plus
comme une réalité qui doit être prise en compte dans les stratégies de santé.
Les résultats d’analyse du pH, de la salinité et de la température sont caractéristiques de celles
des eaux méditerranéennes au printemps. Les variations observées sont due à l’'influence des
eaux du large et l’influence des eaux continentales en particulier les apports des oueds ainsi
que les conditions météorologiques (Rouibah et al., 2005). L'empreinte des eaux
continentales est marquée par les dessalures superficielles plus ou moins importantes
observées selon la période de l'année, en face des embouchures des oueds et des émissaires.
Les analyses microbiologiques ont montré que les eaux de Réghaia et Surcouf sont d’une
qualité acceptable, alors que celles d’Ain Tagourait et Anse de Kouâli sont d’une qualité
bonne par rapport à la directive européenne 76/160/CEE du 8 décembre 1975 (Rodier et al.,
2009). Les eaux de la Fayette sont de mauvaise qualité ; ce constat a confirmé son état de
pollution déclaré par l’APPL (Agence de Promotion et de Protection du Littoral, 2008) et
son interdiction à la baignade.
Les taux de résistance aux béta-lactamines de la flore totale ont montré un niveau de
résistance remarquable dans les plages recevant des apports anthropiques (embouchure du lac
de Réghaia et de Surcouf) que dans les plages non polluées (Ain Tagourait et Anse de
Kouâli). Ces résultats sont en accord avec ceux d’Oliveira et al. (2010) et de Mudryk et al.
(2010), qui ont signalé l’influence des activités humaines sur la prédominance de la résistance
bactérienne aux antibiotiques dans l’environnement marin. La pression de sélection et la
diffusion via des échanges horizontaux d’éléments génétiques sous l’influence de plusieurs
facteurs biotiques et abiotiques, favorisent cette résistance aux antibiotiques (Davison, 1999 ;
Goni-Urriza et al., 2000 ; Kümmerer, 2004 ; Martinez, 2009). La corésistance et la
résistance croisée aux antibiotiques auraient aussi une part dans ce phénomène de résistance
(Harada et Asai1, 2010).
Une résistance marquée a été observée dans cette étude vis-à-vis l’amoxicilline, la ticarcilline
et la céfoxitine, avec des taux qui dépassent ceux notés en clinique. Ceci peut refléter
probablement l’histoire de l’introduction et d’utilisation de ces antibiotiques (Baquero et al.,
2008 ; Mudryk et al., 2010), la pression sélective indirecte par des molécules non
antibiotiques (Dhakephalkar et Chopade, 1994 ; Baker-Austin et al., 2006) et la présence
des bactéries intrinsèquement résistantes aux antibiotiques dans le milieu marin (Nair et al.,
1992 ; Choi et al., 2003).
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