27
 Les rejets d’accidents émis principalement par voie atmosphérique et ayant contaminé
des étendues variables ne sont pas négligeables. Ainsi, la combustion dans
l’atmosphère en 1964 d’un satellite SNAP-9-A., transportant une pile au
238 Pu, à la
suite de laquelle, d’après Hardy et al. (1973 in Rezzoug, 2005), 629 TBq auraient été
dispersés, principalement dans l’hémisphère Sud. En outre, depuis le 26 avril 1986,
pour certaines régions, sont venues s’ajouter, les conséquences de l’accident survenu à
la centrale nucléaire du site ukrainien de Tchernobyl. L’explosion du réacteur n°4 puis
l’incendie du cœur de ce dernier, a constitué une source ponctuelle de radionucléides.
Les plus abondants et/ou qui produisent l’activité la plus forte sont le
134
Cs,
137 Cs,
90
Sr,
103 Ru,
106 Ru,
141
Ce,
144 Ce,
129 I,
131 I,
140 Ba,
238 Pu,
239 Pu et
240 Pu. Ils ont été
dispersés dans l’atmosphère sous forme de débris, de gaz et d’aérosols (Robeau, 2000
; IRSN, 2000). Selon l’IRSN (IRSN, 1998), la radioactivité totale rejetée dans
l’atmosphère, sur une durée de 10 jours, a été de l’ordre de 12.10
6 TBq, soit 3.10
4 fois
l’ensemble des rejets d’aérosols des installations nucléaires dans le monde en une
année. Une forte contamination radioactive de l’environnement s’est produite après
l’accident survenu dans la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi le 11 mars 2011.
Elle a eu pour principale origine le déversement direct d’eaux contaminées depuis la
centrale, qui a duré environ jusqu’au 8 avril, et dans une moindre mesure, les
retombées dans l’océan d’une partie des radionucléides rejetés dans l’atmosphère entre
le 12 et le 22 mars 2011. A proximité immédiate de la centrale, les concentrations dans
l’eau de mer ont atteint fin mars et début avril 2011 jusqu’à plusieurs dizaines de
milliers de becquerels par litre (Bq/L) pour le
134
Cs et
137 Cs et ont même dépassé 100
000 Bq/litre pour l’iode
131 I (IRSN, 2011).
4. Radioactivité dans les compartiments de l’environnement
4.1. Radioactivité dans l’atmosphère
L'atmosphère peut être constituée de cinq couches qui sont la troposphère, la stratosphère, la
mésosphère, la thermosphère et l'ionosphère. Elle est un compartiment essentiel du
cheminement de l'eau. Elle constitue un récepteur géochimique et un milieu de transport
préférentiel pour de nombreux radionucléides, faisant par ailleurs partie intégrante du cycle
biogéochimique des radionucléides. La présence des divers éléments dans l'atmosphère
(aérosols, radionucléides ...etc) résultent de processus naturels et anthropiques. La majeure
partie des polluants, notamment les radionucléides, est transportée par les aérosols qui sont
leur vecteur privilégié.
Les aérosols sont des particules solides ou liquides en suspension dans l’atmosphère (IPCC,
2001) dont la taille varie de quelques nanomètres à plusieurs centaines de micromètres. Ces
particules ont généralement une masse très faible et donc une vitesse de chute négligeable
devant leur vitesse de déplacement. Par conséquent, elles peuvent rester longtemps en
suspension dans l’atmosphère et parcourir ainsi de grandes distances. Les concentrations
particulaires sont les plus importantes dans les zones urbaines et dans certaines régions
notamment lors d’épisodes de poussières désertiques. D’une façon plus générale, les
particules d’aérosol se trouvent essentiellement dans la troposphère.
Dans l’atmosphère, les aérosols comptent parmi les principales voies de transfert des
polluants.
Les particules ayant une taille caractéristique inférieure à quelques microns composent la
gamme majoritaire de l’aérosol atmosphérique et représente, par conséquent, la voie de
transfert longue
distance le plus probable (Hinds, 1999 in Damay, 2010), et représente la partie inhalable.
Outre la dispersion atmosphérique proprement dite, un panache radioactif renfermant des
Précédent

Fixation et dépôt de la radioactivité dans les compartiments de l\'environnement, air, sol et milieu marin au niveau de la région d\'Alger - 27/113

Suivant