Chapitre II
Les caractéristiques hydrologiques
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II. Schéma général de circulation de surface et processus mésoéchelle dans le Bassin
Occidental
La Méditerranée est une mer semi-fermée, caractérisée par une évaporation supérieure aux
précipitations et aux apports d’eau douce par les rivières. Cette perte est compensée par une
entrée d’eau de surface en provenance de l’Atlantique (« Atlantic Water », AW), caractérisée
par une température de ~16°C et une salinité de ~36 quand elle entre à Gibraltar. Tout au long
de son parcours en Méditerranée, l’AW est continuellement modifiée sous l’influence
atmosphérique et par les interactions avec les autres masses d’eau, et sa salinité augmente
jusqu’à ~38 psu. Au cours d’un cycle annuel, l’AW qui entre est alternativement plus ou
moins chaude que les eaux résidentes. La Méditerranée agit donc comme une machine à
transformer l’AW. A l’échelle du Bassin Occidental, comme dans le Bassin Oriental (Millot
& Taupier-Letage 2005), la circulation de surface suit un circuit antihoraire le long de la pente
continentale (Figure II.1).
L’AW nouvellement entrée par Gibraltar se dirige le long des côtes espagnoles avant de
décrire un premier circuit dans l’Ouest de la mer d’Alboran et un deuxième plus variable dans
l’Est. Un courant puissant, le « jet Almeria-Oran », donne ensuite naissance au courant
Algérien. Il coule le long de la pente continentale à proximité des côtes en raison de la faible
étendue du plateau continental. Ce courant de plusieurs dizaines de kilomètres de 30-50 cm.s-1
(maximums enregistrés de 60-80 cm.s-1) est relativement étroit (30-50 km) et profond (200400 m) à la longitude de 0° (Benzohra & Millot 1995a, Viudez et al. 1996). Il devient plus
large et moins profond au cours de sa progression vers l’Est. Ce courant est instable et génère
des méandres qui évoluent en tourbillons côtiers de 50-100 km de diamètre, 100-1000 m de
profondeur, et de durée de vie de quelques semaines à quelques mois (Millot et al. 1997).
Cependant, environ une à deux fois par an, un méandre plus important se développe jusqu’à
atteindre 100-200 km de diamètre, en créant à l’intérieur un tourbillon anticyclonique. Le
méandre et le tourbillon de la couche de surface sont superposés à un tourbillon dans la
couche sous-jacente (Obaton et al. 2000, Figure II.2), dont l’extension verticale peut atteindre
le fond (environ 3000 m, Millot & Taupier-Letage 2005). Cette dynamique tourbillonnaire
induit des phénomènes secondaires de submésoéchelle, tels que les tourbillons cycloniques de
cisaillement submésoéchelle (~10-30km) et des filaments (Taupier-Letage & Millot 1988,
Taupier-Letage et al. 2003). Les tourbillons sont advectés vers l’Est par le courant Algérien à
la vitesse 3-5 km par jour. En raison de leurs dimensions horizontales et verticales, les gros
tourbillons ne peuvent franchir le canal de Sardaigne. Ils se séparent alors du courant Algérien
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Impact des conditions du milieu sur la distribution des populations zooplanctoniques (bassin Algérien et mer Méditerranée - 22/64

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