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Jusqu’à présent, les Elasmobranches ont fait l’objet de peu d’investigations dans le bassin
algérien. Les problèmes halieutiques relatifs à ce groupe n’étaient pas liés aux approches
systématique et écologique. Le présent travail s’est inspiré de cette problématique avec pour but
de concilier trois aspects : biosystématique, écologie, ressources halieutiques.
Les observations quasi quotidiennes des apports de la pêcherie d’Alger se traduisent par une
liste non limitative : la liste exhaustive des populations de requins capturés par tous les types
d’engin de pêche et provenant de toutes les régions d’Algérie a été dressée. Il a été déterminé
dans une phase préliminaire 45 espèces, 30 requins et environ 15 batoïdes, diversement
représentées. Des observations effectuées le long de nos côtes montrent que les grandes espèces
pélagiques et solitaires d’Elasmobranches, sont capturées occasionnellement. Elles ne réussissent
pas à s’implanter dans le secteur méditerranéen. Certaines espèces dites cosmopolites qui étaient
considérées comme rares dans le secteur (requin renard, requin griset, requin pèlerin, raie manta)
ont pu être étudiées. On notera également la capture d'espèces de profondeurs, comme le requinchenille, Echinorhinus brucus, que l'on croyait totalement disparu de Méditerranée.
Les clés de détermination des genres Carcharhinus et Centrophorus établies par différents
auteurs sont reprises et modifiées. Quelques éclaircissements ont été apportés sur la systématique
de Centrophorus mais cela ne résout toujours pas le problème de ce genre. L’analyse des
données biométriques met bien en évidence les différences au sein des représentants du genre
Carcharhinus. L’identification des espèces C. altimus, C. plumbeus et C. obscurus présente
encore des difficultés et nécessite d’autres investigations.
La famille des Rajidae (les véritables raies) possède plus de 100 espèces, appartenant à différents
genres (Raja, Leucoraja, Dipturus, Rostroraja…) qui sont largement distribuées dans toutes les
régions du monde. L’inventaire des raies capturées le long de notre littoral, par la pêche
commerciale a été une première approche d’un travail de systématique. Cette famille est
représentée par une liste non limitative de quinze espèces, recensées le long du littoral algérien:
Raja miraletus, R. asterias, R. clavata, Rostroraja alba, Leucoraja naevus, L. melitensis, D.
oxyrhincus sont les plus faciles à identifier.
La problématique de cette famille résulte des confusions qui apparaissent entre certaines
espèces. De nombreuses ambiguïtés rendent la détermination de certaines raies difficile. Les
caractères qui ne correspondent pas aux diagnoses établies par différents auteurs ont ainsi été
relevés. Nous avons repris chacun des problèmes relatifs à la systématique en tenant compte
d’observations nouvelles que nous avons été amenés à faire. De plus des populations présentent
une discontinuité intraspécifique, qui devrait élever certains de leurs représentants au rang de
nouvelle espèce. Nous avons tenté de décrire la variabilité morphologique intraspécifique
observées chez quelques espèces où le phénomène est le plus accentué. Il s’agit de Raja clavata,
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Les Sélaciens de la côte algérienne, biosystématique des requins et les raies - 246/390

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