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Toutes les méthodes se recoupent et montrent que R. montagui, R. polystigma et R. africana
forment une seule et même espèce : une séquence commune mais plusieurs morphotypes.
Les deux individus putatifs de D. batis, en considérant la clef de détermination de Fischer et al
(1987) présentaient le même haplotype que D. oxyrhincus qui leur donne une même position sur le
dendrogramme (fig. 32). La comparaison des individus de R. miraletus, R. radula et D. oxyrhincus
en Méditerranée laisse apparaître une homogénéité certaine pour chacune de ces espèces : elles se
caractérisent par un seul haplotype correspondant à un seul morphotype.
D’un autre côté on aura remarqué la grande plasticité des caractères morphologiques de R. clavata
qui ne sont cependant supportés que par un seul haplotype. Cette raie présente des similitudes
morphométriques et génétiques avec R. asterias. L’analyse du marqueur ADN 16S par Tinti et al
(2003) identifie un haplotype H-CLA caractérisant R. clavata et la majorité des individus
échantillonnés de R. asterias. Certains individus de cette dernière unité taxonomique présentaient
une séquence différant par la substitution de cinq sites et une insertion. On peut supposer que ces
deux populations différentes peuvent donner naissance à des hybrides viables. Ces espèces proches
génétiquement correspondraient à la formation de nouvelles espèces : la séparation des groupes
intraspécifiques serait en train de se réaliser.
Les techniques de biologie moléculaire basées sur les gènes mitochondriaux permettent de séparer
les espèces les plus anciennes comme R. miraletus et D. oxyrhincus. Ils ne permettent pas de
répondre avec précision aux phénomènes observés chez R. clavata ou dans le complexe R.
brachyura/R. montagui/R. polystigma/R. africana : hybridation ou séparation d’espèces ? Nous
ferons remarquer que les gènes utilisés ne représentent pas l’ensemble du génome. Ces cas ambigus
peuvent être résolus par l’analyse de l’ADN nucléaire (micro-satellites, AFLP ou polymorphisme
de longueur des fragments amplifiés…..), prochaine étape du laboratoire GenMAP.
De récents travaux (Tinti et al, 2003; Valsecchi et al, 2004) réalisés sur certaines raies de
l’Atlantique et de la Méditérranée, montrent l’utilité des marqueurs ADNmt 16S et CR pour la
résolution des problèmes taxinomiques de ce groupe au niveau de l’espèce et surtout du genre : la
séparation des raies en deux clades principaux correspondant aux tribus Rajini (Raja et Dipturus) et
Amblirajini (Amblyraja et Leucoraja) sont observés au niveau des arbres phylogénétiques. L’étude
des raies du bassin algérien amène aux mêmes observations et rejoignent celles de l’analyse
multidimensionnelle.
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