Contribution à l’étude des variations des teneurs en phénols totaux
chez la Magnoliophyte marine Posidonia oceanica (L. ) Delile
Conclusion
45
Conclusion
Cette étude comporte deux approches complémentaires : l‟évaluation des paramètres de
vitalité de Posidonia oceanica et la quantification des composés phénoliques totaux au
niveau de différents compartiments de la plante. Pour ce faire, deux sites présentant des
conditions environnementales différentes ont été choisis : Bou Ismaïl, site sensible, et
Kouali, site de référence. Deux stations situées en limite inférieure, correspondant à
l‟extension bathymétrique maximale des herbiers à Posidonia oceanica, sont désignées pour
mener cette étude sur un cycle annuel.
Les résultats obtenus montrent que l‟ensemble des variations enregistrées au niveau des
paramètres liés à la biométrie foliaire sont influencés à la fois par le facteur saison et le
facteur site. Les longueurs des feuilles adultes et intermédiaires enregistrent une diminution
significative au sein de la station de Bou Ismail. En effet, ce paramètre constitue une réponse
aux actions anthropiques et a déjà été signalé dans différents localités soumises à des
pressions anthropiques en Méditerranée (PERGENT, 1993 ; DUMAY et PERGENT, 2002 ;
LEONI et al., 2006). Au sein de la station de Bou Ismaïl, l‟impact de l‟enrichissement sur le
développement des épiphytes est principalement observé en été sur les feuilles
intermédiaires, résultats déjà observés dans des herbiers soumis à des apports anthropiques
(DELGADO et al., 1999 ; CANCEMI et al., 2003). Par ailleurs, le nombre et la largeur des
feuilles intermédiaires durant la saison estivale est plus élevé que celui enregistré à Kouali à
la même période, il pourrait constituer une réponse adaptative de la plante visant à
augmenter sa surface photosynthétique selon DALLA VIA et al. (1998). Ces résultats
indiquent une perturbation du système au sein de la station de Bou Ismaïl, probablement de
type enrichissement en nutriments et/ou une diminution de l‟irradiation, comme le suggèrent
LEONI et al. (2007).
La teneur moyenne en composés phénoliques enregistrée dans les bases à Bou Ismaïl est
significativement inférieure à celle mesurée à Kouali. FERRAT (2001) a noté le même
résultat au niveau d‟un site soumis à des apports industriels riches en mercure ; elle émet
deux hypothèses : soit les composés phénoliques sont affectés par la contamination par les
métaux lourds et seraient des biomarqueurs négatifs de la qualité des eaux, soit ils sont
chélatés aux métaux et deviennent indétectables par la méthode de mesure utilisée. Les
teneurs faibles en composés phénoliques traduiraient donc l‟implication de ces composés
dans la protection de la plante contre les métaux. Quant aux variations saisonnières de la
biosynthèse des composés phénoliques, elles ne semblent pas induites par un broutage ou un
chez la Magnoliophyte marine Posidonia oceanica (L. ) Delile
Conclusion
45
Conclusion
Cette étude comporte deux approches complémentaires : l‟évaluation des paramètres de
vitalité de Posidonia oceanica et la quantification des composés phénoliques totaux au
niveau de différents compartiments de la plante. Pour ce faire, deux sites présentant des
conditions environnementales différentes ont été choisis : Bou Ismaïl, site sensible, et
Kouali, site de référence. Deux stations situées en limite inférieure, correspondant à
l‟extension bathymétrique maximale des herbiers à Posidonia oceanica, sont désignées pour
mener cette étude sur un cycle annuel.
Les résultats obtenus montrent que l‟ensemble des variations enregistrées au niveau des
paramètres liés à la biométrie foliaire sont influencés à la fois par le facteur saison et le
facteur site. Les longueurs des feuilles adultes et intermédiaires enregistrent une diminution
significative au sein de la station de Bou Ismail. En effet, ce paramètre constitue une réponse
aux actions anthropiques et a déjà été signalé dans différents localités soumises à des
pressions anthropiques en Méditerranée (PERGENT, 1993 ; DUMAY et PERGENT, 2002 ;
LEONI et al., 2006). Au sein de la station de Bou Ismaïl, l‟impact de l‟enrichissement sur le
développement des épiphytes est principalement observé en été sur les feuilles
intermédiaires, résultats déjà observés dans des herbiers soumis à des apports anthropiques
(DELGADO et al., 1999 ; CANCEMI et al., 2003). Par ailleurs, le nombre et la largeur des
feuilles intermédiaires durant la saison estivale est plus élevé que celui enregistré à Kouali à
la même période, il pourrait constituer une réponse adaptative de la plante visant à
augmenter sa surface photosynthétique selon DALLA VIA et al. (1998). Ces résultats
indiquent une perturbation du système au sein de la station de Bou Ismaïl, probablement de
type enrichissement en nutriments et/ou une diminution de l‟irradiation, comme le suggèrent
LEONI et al. (2007).
La teneur moyenne en composés phénoliques enregistrée dans les bases à Bou Ismaïl est
significativement inférieure à celle mesurée à Kouali. FERRAT (2001) a noté le même
résultat au niveau d‟un site soumis à des apports industriels riches en mercure ; elle émet
deux hypothèses : soit les composés phénoliques sont affectés par la contamination par les
métaux lourds et seraient des biomarqueurs négatifs de la qualité des eaux, soit ils sont
chélatés aux métaux et deviennent indétectables par la méthode de mesure utilisée. Les
teneurs faibles en composés phénoliques traduiraient donc l‟implication de ces composés
dans la protection de la plante contre les métaux. Quant aux variations saisonnières de la
biosynthèse des composés phénoliques, elles ne semblent pas induites par un broutage ou un
