Chapitre 3
Résultats & Discussions
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3.2. Discussion générale :
3.2.1. Densité, vitalité et état général de l’herbier :
Beaucoup de “mattes mortes” ont été observées aux émissaires d’eaux usées du front de
mer de la ville de Bou-Ismaïl et son rivage. Même si l’hydrodynamisme joue un rôle
important dans l’arrachement des feuilles et rhizomes de Posidonia oceanica surtout
dans cette baie ouverte aux courants dominants, nous pouvons affirmer que ce phénomène est
dû en grande partie aux rejets importants et quotidiens des égouts qui se déversent
dans la zone 2 de notre étude car c’est un cas typique (Boudouresque et al., 2006)
de l’impact direct de la pollution urbaine sur l’herbier à posidonie. Des rhizomes entiers
se retrouvent entassés sur le semblant de plage qui reste, si ce n’est les rochers disposés
à l’accession des innombrables aménagements que connait ce front de mer convoité
par les spéculateurs qui accentuent les nuisances par leurs déchets ménagers et urbains.
Par ailleurs, la turbidité apparente dans la zone 2, confirmée entre-autre par le dosage du
silicium, est à son maximum à cause de la charge importante en MES des eaux usées
qui est certainement la raison du recul de l’herbier jusqu’à plus de 5m de profondeur
ou du moins la limite à laquelle la visibilité en plongée autonome nous a permis d’explorer les
lieux à la recherche des premières touffes de posidonie ; ce qui représente déjà
une catastrophe écologique et économique pour la région.
Les flocons de papier et résidus siliceux, surtout observées dans la colonne d’eau
du rejet EST, créent une sorte de tapis sur le sédiment et les communautés animales
et végétales sessiles sous-jacentes ; participent fortement à l’enfouissement des rhizomes de
l’herbier et réduisent considérablement la photosynthèse. De plus avec les matières
organiques qu’ils contiennent ces poussières créent des odeurs nauséabondes et constituent
des supports importants pour les bactéries.
Nos nombreuses plongées, nous ont permis de constater très clairement que l’herbier est
clairsemé se présentant sous formes de touffes, avec un état de vitalité probablement très
hétérogène, et se développe sur substrat sableux à sableux-rocheux.
Nous nous sommes rendu compte que la posidonie est très épiphytée vers 6-7m
de profondeur mais qu’elle l’est très peu dans les 5m surtout et toujours du côté EST
de la zone 2. Ceci traduit l’impact direct de la pollution sur la microfaune et flore qui se fixe
sur les feuilles de posidonie. Même si cet effet peut jouer en faveur de la posidonie
d’un point de vue lumière, il reste d’une gravité importante pour l’équilibre de l’écosystème
qu’elle constitue car sans épiphytes, une chute de la biodiversité aura un impact
très important sur le devenir des communautés animales et végétales de la zone.
Paradoxalement, vers 6-7m de profondeur, l’herbier trop épiphyté, en raison des apports assez
importants en sels nutritifs subira lui aussi incontestablement une évolution régressive du fait
de l’impact qu’il aura sur la photosynthèse de Posidonia oceanica.
Le recul de l’herbier dans la zone 2 laisse un environnement désertique de cailloutis
lissés, tout comme les rochers du rivage témoignant du lessivage de certaines espèces
communes d’algues. Nous citerons l’exemple de Corallina mediterranea et Ulta lactuca
qui disparaissent en contact direct des polluants chimiques. Nous n’avons pas omis aussi de
noter l’absence flagrante de certaines espèces, assez communes au littoral méditerranéen,
(telles que les patelles, chtamales et balanes) du cortège faunistique.
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Contribution à l\'étude de l\'impact de la pollution chimique sur l\'herbier à Posidonie dans la baie de Bou-Ismaîl - 85/129

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