Les peuplements ichtyologiques des fonds chalutables du secteur oriental de la côte algérienne
Wahid REFES
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Rosfelder (1955) et Bourcart (1960) indiquent que la bordure continentale sous-marine
algérienne présente des directions dominantes qui semblent déterminer sa morphologie,
d’ouest en est, l’isobathe 2.000, prise comme repère de direction du précontinent, présente
d’abord au large de Ghazaouet une orientation ouest-est, puis subit une première inflexion
devant le golfe d’Oran et s’oriente sud-ouest à nord-est. Par ailleurs, la ligne de rivage, loin
d’être rectiligne, est parfois profondément crénelée par des indentations qui se dessinent, dans
la plupart des cas, suivant deux systèmes directionnels orthogonaux : sud-ouest à nord-est
sud-est à nord-ouest ou nord-sud. Cette disposition conditionne l’ouverture des baies et des
golfes vers le nord-est : golfe de Annaba, golfe d’Arzew ou vers le nord-ouest : golfe d’Oran,
baie de Bou-Ismaïl, baie de Jijel, golfe de Skikda.
Diversité, étroitesse, forte déclivité, nombreuses vallées sous-marines et directions
dominantes structurales, tels sont les caractères essentiels de la marge continentale algérienne
(Leclaire, 1972), qui sont dus essentiellement à un diatrophisme post-pliocène dont
l’évolution se poursuivrait encore actuellement où la séismicité de ces bordures en serait une
conséquence directe (Caulet, 1972).
4.3. Zones d’études
4.3.1. Région d’El Kala
De Ras Rosa à la frontière algéro – tunisienne, on est à l’extrémité orientale de la côte
algérienne, où tous les caractères habituels du précontinent algérien disparaissent et annonce
la plate-forme sous-marine tunisienne. Il s’agit ici de la vaste plate-forme immergée qui borde
la Tunisie avec ses bancs, ses hauts-fonds, ses plateaux et ses larges vallées sous-marines. La
région d’El Kala est la zone de transition entre le golfe de Annaba et Tabarka, où le plateau de
la Galite représente le diverticule le plus occidental du précontinent tunisien (Leclaire, 1972).
Au droit de Ras Rosa, un bombement à grand rayon de courbure sépare le golfe de Annaba de
la région d’El Kala, où il n’y a pratiquement plus de plateau continental différencié mais
seulement une zone précontinentale algéro-tunisienne dont la partie supérieure est très
étendue, peu profonde et circonscrite par l’isobathe des 500 mètres avec sur son bord nord-est
le banc Le Sec, qui débouche sur son flanc nord aux grands fonds avec une pente pouvant
atteindre 23° (Leclaire, 1972).
Le banc Le Sec est constitué de deux hauts fonds à socle cristallophyllien et inégaux et
apparents : l’un culmine à -110 mètres et l’autre vers -40 mètres, ils constituent un ensemble
de surfaces rocheuses entourés par une auréole de sables et de vases calcaires. Autour de ces
hauts fonds, des sables à algues calcaires s’étendent jusqu’à -100 mètres et à -150 mètres
apparaissent des sables à bryozoaires (Leclaire, 1972).
La topographie de cette région présente deux aspects essentiels : au rivage sableux fait suite
une zone littorale peu étendue, qui est en générale bien délimitée par l’isobathe 40 mètres.
Au-delà, des platiers à affleurement rocheux recouverts d’algues ou de bryozoaires sont mis
en évidence d’une façon presque continue de Ras Rosa à la frontière algéro – tunisienne. Les
seules interruptions se traduisent dans la topographie par des canaux à l’est du plateau du Ras
Rosa, au droit du lac Mellah et au nord-est de la ville d’El Kala (Caulet, 1972).
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