Les peuplements ichtyologiques des fonds chalutables du secteur oriental de la côte algérienne
Wahid REFES
180
Ces résultats ont montré que les principales espèces dominantes sont aussi des espèces
constantes avec une fréquence supérieure à 50 % : Boops boops ; Galeus melastomus ;
Helicolenus d. dactylopterus ; Hoplostethus mediterraneus ; Merluccius merluccius ; Mullus
barbatus ; Trachurus trachurus. Il est essentiel, tout au moins pour les espèces dites
« constantes » sur les fonds chalutables du secteur oriental de la côte algérienne, de réaliser
des études de dynamique des populations comparatives entre Béjaïa, Jijel, Skikda, Annaba et
El Kala, afin de mieux connaître leurs traits démographiques, leurs cycles de vie et leurs
nourriceries. Ces résultats constitueront une base de référence pour la mise en place de
mesures de gestion de ces ressources démersales dans le secteur oriental de la côte algérienne.
Les données issues de campagnes de pêche (chalutiers professionnels) et de campagnes
scientifiques (navire océanographique Vizconde de Eza) ont permis de mettre en évidence des
espèces profondes susceptibles d’être exploitées, après transformation, par des chalutiers
professionnels à des profondeurs de 500 à 800 mètres (Gadiculus argenteus argenteus ;
Galeus melastomus ; Hoplostethus mediterraneus ; Nezumia aequalis). Dans ces zones
profondes, le fond est recouvert de sédiments fins d’origine terrigène transportés par les
courants de turbidité, les aires rocheuses sont rares et généralement situées dans des zones à
forte déclivité, d’où la présence d’importantes superficies chalutables.
Si ces pêcheries de poissons profonds se développeront dans l’avenir, il est obligatoire d’être
vigilant afin de déceler les signes d’éventuels changements, dans l’organisation des
peuplements et l’abondance des stocks, qui pourraient menacer la pérennité de l’exploitation
de ces écosystèmes profonds. Le temps de génération de beaucoup de ces espèces est long et
la dynamique des écosystèmes profonds est peu connue. Selon Allain (1999), les poissons
profonds benthopélagiques ne présentent pas un style de vie unique et les nombreuses
adaptations observées chez les poissons du plateau continental ont leurs homologues en
milieu profond, il semble que d’une manière générale les modes de vie des poissons profonds
se rapprochent d’une stratégie démographique de type k.
Actuellement, aucune réglementation algérienne n’existe sur la pêche profonde et le plan
d’aménagement des ressources halieutiques à l’horizon 2025 du Ministère de la pêche et des
ressources halieutiques ne prend pas en compte l’exploitation des ressources profondes,
hormis les crevettes rouges ou royales (Aristeus antennatus ; Aristaeomorpha foliacea). Une
approche de précaution pour la gestion de ces futures pêcheries profondes tenant compte de la
protection et de la conservation de l’environnement profond est nécessaire pour assurer la
pérennité de la ressource.
Ces approches permettront la mise en place d’une stratégie de développement durable de
l’activité économique « pêche » en adoptant des plans de gestion halieutique visant à éviter ou
à atténuer les effets sur la biodiversité par (Hiddink et al., 2008) :
- Une limitation de l’effort de pêche
La maîtrise de l’évolution de la mortalité par pêche au travers de celle de l’effort de pêche est
une des clés de la durabilité des pêcheries. La régulation peut porter sur l’une ou l’autre des
deux composantes de l’effort, capacité de captures et activités des flottilles, ou simultanément
sur les deux se basant sur des mesures techniques, qui visent à contrôler la composition des
captures en agissant sur le profil d’exploitation ou d’éviter la capture de certaines espèces
(Forest, 2003 ; Troadec & Boncoeur, 2003) :
Wahid REFES
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Ces résultats ont montré que les principales espèces dominantes sont aussi des espèces
constantes avec une fréquence supérieure à 50 % : Boops boops ; Galeus melastomus ;
Helicolenus d. dactylopterus ; Hoplostethus mediterraneus ; Merluccius merluccius ; Mullus
barbatus ; Trachurus trachurus. Il est essentiel, tout au moins pour les espèces dites
« constantes » sur les fonds chalutables du secteur oriental de la côte algérienne, de réaliser
des études de dynamique des populations comparatives entre Béjaïa, Jijel, Skikda, Annaba et
El Kala, afin de mieux connaître leurs traits démographiques, leurs cycles de vie et leurs
nourriceries. Ces résultats constitueront une base de référence pour la mise en place de
mesures de gestion de ces ressources démersales dans le secteur oriental de la côte algérienne.
Les données issues de campagnes de pêche (chalutiers professionnels) et de campagnes
scientifiques (navire océanographique Vizconde de Eza) ont permis de mettre en évidence des
espèces profondes susceptibles d’être exploitées, après transformation, par des chalutiers
professionnels à des profondeurs de 500 à 800 mètres (Gadiculus argenteus argenteus ;
Galeus melastomus ; Hoplostethus mediterraneus ; Nezumia aequalis). Dans ces zones
profondes, le fond est recouvert de sédiments fins d’origine terrigène transportés par les
courants de turbidité, les aires rocheuses sont rares et généralement situées dans des zones à
forte déclivité, d’où la présence d’importantes superficies chalutables.
Si ces pêcheries de poissons profonds se développeront dans l’avenir, il est obligatoire d’être
vigilant afin de déceler les signes d’éventuels changements, dans l’organisation des
peuplements et l’abondance des stocks, qui pourraient menacer la pérennité de l’exploitation
de ces écosystèmes profonds. Le temps de génération de beaucoup de ces espèces est long et
la dynamique des écosystèmes profonds est peu connue. Selon Allain (1999), les poissons
profonds benthopélagiques ne présentent pas un style de vie unique et les nombreuses
adaptations observées chez les poissons du plateau continental ont leurs homologues en
milieu profond, il semble que d’une manière générale les modes de vie des poissons profonds
se rapprochent d’une stratégie démographique de type k.
Actuellement, aucune réglementation algérienne n’existe sur la pêche profonde et le plan
d’aménagement des ressources halieutiques à l’horizon 2025 du Ministère de la pêche et des
ressources halieutiques ne prend pas en compte l’exploitation des ressources profondes,
hormis les crevettes rouges ou royales (Aristeus antennatus ; Aristaeomorpha foliacea). Une
approche de précaution pour la gestion de ces futures pêcheries profondes tenant compte de la
protection et de la conservation de l’environnement profond est nécessaire pour assurer la
pérennité de la ressource.
Ces approches permettront la mise en place d’une stratégie de développement durable de
l’activité économique « pêche » en adoptant des plans de gestion halieutique visant à éviter ou
à atténuer les effets sur la biodiversité par (Hiddink et al., 2008) :
- Une limitation de l’effort de pêche
La maîtrise de l’évolution de la mortalité par pêche au travers de celle de l’effort de pêche est
une des clés de la durabilité des pêcheries. La régulation peut porter sur l’une ou l’autre des
deux composantes de l’effort, capacité de captures et activités des flottilles, ou simultanément
sur les deux se basant sur des mesures techniques, qui visent à contrôler la composition des
captures en agissant sur le profil d’exploitation ou d’éviter la capture de certaines espèces
(Forest, 2003 ; Troadec & Boncoeur, 2003) :
