Les peuplements ichtyologiques des fonds chalutables du secteur oriental de la côte algérienne
Wahid REFES
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Les conséquences de chacune de ces variations sont évidemment différentes. Ainsi, les
variations nycthémérales et saisonnières affectent essentiellement la disponibilité des espèces
(parfois uniquement certaines classes d’âge), dont l’abondance réelle ne change pas.
En revanche, les variations dues au recrutement ont une incidence directe sur cette abondance
(Fontana, 1979). Cette variabilité des densités et des biomasses des poissons peut donner,
aussi, une indication sur le rôle et l’importance relative des populations dans la chaîne
alimentaire, ainsi que sur les flux d’énergie nécessaire au maintien de ces populations (Platt,
1985 ; Bergmann, 1987).
Tilman (1996) précise qu’une prédation continue (la pêche est une prédation continue)
diminue la biomasse totale en augmentant l’énergie disponible pour la biomasse restante, en
diminuant les interactions dans le peuplement et en permettant de plus grandes variations de
la biomasse totale.
Une comparaison des moyennes numériques et pondérales de la présente étude avec les
moyennes des campagnes précédentes (ISTPM, 1982 ; Djabali & Refes, 1990 ; Massuti et al.,
2003 et 2004 a.) montre une baisse significative des densités et des biomasses moyennes de
1982 à 2006 respectivement de 35.697,41±25.847,80 à 3.696,14±829,50 ind./km² et de
1.323,65±292,7 à 386,08±62,21 kg/km² (tableaux 3.89. et 3.90.).
Ces observations peuvent être directement liées à la pression de la pêche, qui est exercée sur
l’ensemble des ressources et à la décroissance générale des abondances qui en découle et plus
particulièrement sur les peuplements ichtyologiques, même si toutes les espèces ne sont pas,
pour la plupart, directement visés par l’exploitation.
Une comparaison de l’évolution des débarquements des ressources halieutiques dans les
différents ports de pêche du secteur oriental (El Kala – Annaba – Stora/Skikda – Jijel –
Béjaïa) particulièrement des débarquements des flottilles chalutières (tableau 3.91.) permet de
constater une évolution inversement proportionnelle avec les estimations des biomasses des
peuplements ichtyologiques des fonds chalutables du secteur oriental.
Tserpes & Peristeraki (2002) confirment le lien étroit entre la pression de la pêche et les
estimations pondérales des ressources halieutiques, où ils localisent la pression de pêche
particulièrement sur les strates bathymétriques de 10-50 mètres et 500-800 mètres par
l’analyse des captures par unité d’effort (CPUE).
Caddy (1993) explique que les fonds méditerranéens du plateau continental et du talus jusqu’à
une profondeur de 500 mètres subissent une forte pression des chalutiers particulièrement la
strate bathymétrique comprise entre 100-200 mètres.
Dans la présente étude, les plus faibles indices d’abondance sont enregistrés au-delà de 100
mètres de profondeur ; alors que lors de la campagne de pêche de 1982 (ISTPM, 1982), les
plus forts indices d’abondance sont observés sur les fonds de moins de 100 mètres de
profondeur (tableaux 3.92. et 3.93.).
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