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En hiver, les masses d’air froides et sèches continentales venant de l’Europe,
canalisées par le relief, entrent en contact avec les eaux superficielles de la
Méditerranée. Elles refroidissent et en évaporent les eaux superficielles les rendant
progressivement plus froides et plus salées, donc plus denses.
Une fois aussi denses que les eaux situées dessous, des mouvements verticaux
peuvent se produire induisant un mélange vertical. Ce mélange participe au
renouvellement des masses d’eaux, en ramenant des eaux de subsurface au contact de
l’atmosphère et en enfouissant les eaux de surface en profondeur. Ce phénomène est
général en hiver mais souvent limité à 0-100 m dans la couche de surface. Dans
certaine situation favorable (généralement dans le bassin algéro-provençal), la MAW
peut devenir une eau modale, l’Eau Intermédiaire d’Hiver (WIW) aux caractéristiques
froides (autour 12.6 C) et homogènes entre 0 et 300m. Ensuite, sous l’action de
processus de re-stratification, cette masse d’eau est isolée de la surface. On peut la
trouver alors entre 150 et 300 m de profondeur bien identifiable par un minimum de
température autour de 12.6C, (TESTOR, 2002).
En dessous entre 250 et 800 m se trouve l’Eau Levantine Intermédiaire (LIW)
formée en hiver dans le bassin oriental et qui entre en Méditerranée occidentale par le
détroit de Sicile. Elle se caractérise par un maximum de température d’environ 13.9C et
de salinité d’environ 38.75 psu à son entrée dans le bassin occidental. Bien que ses
caractéristiques évoluent au fur et à mesure qu’elle se mélange avec les eaux du bassin
occidental plus froides et moins salées, la LIW reste identifiable par un maximum de
température et de salinité dans tout le bassin ouest ( TESTOR, 2002).
On descend ensuite graduellement vers l’Eau Profonde de la Méditerranée
occidentale (WMDW) qui tapisse le bassin occidental. Elle est caractérisée par une
température d’environ 12.8C et une salinité d’environ 38.45 psu. Elle se forme en hiver
dans le Golfe du Lion sous l’action d’un forçage atmosphérique particulièrement intense
(Mistral et Tramontane) (TESTOR, 2002).
2.3.1. Circulation des eaux de surface dans la Méditerranée occidentale:
Après avoir traversé le détroit de Gibraltar, les eaux en provenance de
l’Atlantique s’écoulent le long des côtes africaines d’ouest en est formant de vastes
tourbillons cycloniques (MILLOT 1999). Au large des côtes algériennes l’eau atlantique
modifiée (MAW), forme un courant côtier (1.7 Sv) (MILLOT, 1995, BENZOHRA et al, 1995,
MILLOT 1999). Ce courant relativement étroit (30-50 km) et profond (400 m) qui s’écoule
le long du talus continental est appelé Courant Algérien (Figure 8).
A l’entrée du détroit de Sicile, ce courant se divise en deux branches (FONT et al,
1998 in TESTOR, 2002) : deux tiers du courant entrent en Méditerranée orientale, l’autre
tiers entre en mer Tyrrhénienne et suit la côte italienne pour revenir dans le bassin
algérien par le chenal de Corse (Courant Est-Corse). Une veine d’eau qui quitte le
bassin algérien et s’écoule vers le nord, forme le courant Ouest-Corse pour fusionner en
mer de ligure avec le courant Est-Corse qui quitte la mer Tyrrhénienne. Ce courant,
appelé Courant Liguro-provençal, s’écoule le long du talus continental de la France vers
l’ouest et la mer des Baléares.
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