Evaluation de la pénétration du carbone anthropique en Méditerranée | Résultats et discussions
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très importantes en termes de formation de masses d’eau profondes. En effet, pour les relations de
surface (préformées), une attention particulière doit être portée à la saisonnalité des propriétés
océaniques (Lo Monaco, 2006).
De plus, les résultats du récent article d’Alvarez et al. (2014), qui se basent sur une surdétermination
du système des carbonates en utilisant les mesures effectuées lors de la campagne M84/3 (TCO2,
AT et pH), recommandent l’utilisation des constantes de Mehrbach et al. (1973) modifiées par
Dickson et Millero (1987). Ces dernières seraient celles qui correspondent le mieux aux
particularités des eaux Méditerranéennes (températures, salinités et alcalinités élevées).
L’utilisation de ces constantes améliorera certainement l’estimation du carbone anthropique
séquestré par la Méditerranée.
3.4.2 Incertitudes communes
Les méthodes de back-calculation et la méthode TrOCA sont fondées sur des principes
biogéochimiques communs. Elles sont par conséquent basées sur un certain nombre d’hypothèses
communes (Lo Monaco, 2006). Ces hypothèses sont discutées dans ce qui suit :
 La stationnarité
Les estimations de carbone anthropique sont obtenues en négligeant la variabilité naturelle du
système océanique et les effets indirects de l’augmentation de CO2 atmosphérique puisque l’on
suppose que les mécanismes physiques et biogéochimiques sont restés constants après la révolution
industrielle (formation d’eau, circulation océanique, proportions de mélange, équilibres chimiques,
production primaire et exportée, activité bactérienne…). Dans le contexte du réchauffement global
responsable d’un bouleversement de tout le système climatique, l’hypothèse de stationnarité de
l’océan apparaît peu plausible (Lo Monaco, 2006). En effet, des preuves de variabilités décennales
ont été fournies par diverses études hydrologiques (e.g. Bryden et al., 2003).
Récemment, deux épisodes majeurs du changement de la circulation de la Méditerranée sont à
signaler (Tanhua et al., 2013):
 Changement de la zone de formation d’eau profonde de la mer Adriatique vers l’Egée dans
le bassin oriental à la fin des années 1980 : « Eastern Mediterranean Transient » ;
 Formation intense d’eau profonde dans la moitié des années 2000s dans le bassin
occidental : « Western Mediterranean Transient ».
Adressant ce problème, les simulations réalisées par Raynaud et al. (2005) suggèrent que les
variations de la circulation océanique ont un impact relativement réduit sur les flux air-mer du CO2
anthropique sur une échelle de temps interannuelle mais peut être plus significatif sur une échelle
décennale. En outre, des comparaisons entre des simulations de CFC avec une circulation constante
et des observations n’indiquent pas de problèmes majeurs causés par la variabilité décennale
(Dutay et al., 2002). De plus, L’utilisation, dans la présence étude, d’une climatologie moyenne de
la Méditerranée devrait réduire l’effet de cette variabilité.
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