CHAPITRE 1
Contexte général
23
modélisation et la simulation, qui constituent de réels outils d’aide à la compréhension et à la
décision, permettent seulement de dégager des tendances générales du comportement d’un
système. En effet, les modèles prennent difficilement en compte les changements d’échelle,
l’efficacité des relais et des combinaisons de processus ou le poids des héritages. Ces
phénomènes sont pourtant à l’origine du fonctionnement non-linéaire, dans le temps et
l’espace, des systèmes complexes que sont les littoraux. De fait, il existe de périodes
charnières pendant lesquelles les systèmes évoluent soit par phénomène d’ajustement
(résilience), soit par phénomène de rupture (bifurcation), qui mènent le système à prendre
deux évolutions différentes. Les relations de causes à effets n’étant que très rarement directes,
il convient de s’interroger sur les sources de non-linéarité de fonctionnement du système,
telles que les phénomènes de dépassement de seuils (seuil de plasticité des matériaux,
contrainte de cisaillement, etc.), d’effets cumulatifs ( importance des conditions initiales), de
saturation ou d’épuisement, de rétroactions positives et négatives, d’hystérésis (effet retard
par rapport aux causes).
Cette perception des milieux a permis d’apporter des éléments de réponse sur la dynamique
des espaces littoraux et leurs interdépendances, sur les interactions entre les formes et les
processus, sur les temporalités des dynamiques et leurs répartitions initiales spatiales. Cette
perception est à l’origine du développement des approches morpho dynamiques et hydro
sédimentaires, qui sont devenues fondamentales dans l’étude du fonctionnement des
évolutions des milieux littoraux. L’objectif de cette section est de fournir quelques repères
terminologiques conceptuels et méthodologiques nécessaires à l’approche systémique
(Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, 2011).
2. Profil général d’une côte sableuse :
Les plages sont des accumulations littorales de sédiments meubles, qui vont des sables fins
(de 0.063 à 0.2 mm) aux blocs (supérieurs à 20 cm), susceptibles d’être mobilisés par le
passage régulier des eaux marines ; on parle de grève lorsqu’elles sont constituées de galets.
Les matériaux des plages proviennent des sédiments continentaux apportés par les fleuves, ils
sont remaniés par l’action des houles et des dérives littorales qui peuvent les transportés vers
le large. Ainsi, il se forme une plage dès lors que le volume de sédiments disponibles est
supérieur au volume transporté. Les plages ont un profil transversal en pente douce, à allure
faiblement concave. Leur pente varie en fonction du calibre des sédiments qui les constituent
et des caractéristiques des vagues qui y déferlent. Le profil est abrupt quand les sédiments
sont grossiers (Faye, 2010).
Dans le détail, on distingue, vers l’amont, l’arrière-plage (Backshore) partie de la plage qui est
sujette à l’action des vagues uniquement durant les tempêtes. En absence de tempête le sable
peut être remobilisé par les facteurs éoliens.
Vers la mer, la plage subaérienne (l’estran, espace intertidale ou foreshore) soumise à l’action
des vagues pendant les conditions non-tempêtuelles. Subdivisée en trois parties :
Haut de plage : sous forme de bourrelets, qui sont dus à l’accumulation des matériaux
par les mers les plus hautes ;
Contexte général
23
modélisation et la simulation, qui constituent de réels outils d’aide à la compréhension et à la
décision, permettent seulement de dégager des tendances générales du comportement d’un
système. En effet, les modèles prennent difficilement en compte les changements d’échelle,
l’efficacité des relais et des combinaisons de processus ou le poids des héritages. Ces
phénomènes sont pourtant à l’origine du fonctionnement non-linéaire, dans le temps et
l’espace, des systèmes complexes que sont les littoraux. De fait, il existe de périodes
charnières pendant lesquelles les systèmes évoluent soit par phénomène d’ajustement
(résilience), soit par phénomène de rupture (bifurcation), qui mènent le système à prendre
deux évolutions différentes. Les relations de causes à effets n’étant que très rarement directes,
il convient de s’interroger sur les sources de non-linéarité de fonctionnement du système,
telles que les phénomènes de dépassement de seuils (seuil de plasticité des matériaux,
contrainte de cisaillement, etc.), d’effets cumulatifs ( importance des conditions initiales), de
saturation ou d’épuisement, de rétroactions positives et négatives, d’hystérésis (effet retard
par rapport aux causes).
Cette perception des milieux a permis d’apporter des éléments de réponse sur la dynamique
des espaces littoraux et leurs interdépendances, sur les interactions entre les formes et les
processus, sur les temporalités des dynamiques et leurs répartitions initiales spatiales. Cette
perception est à l’origine du développement des approches morpho dynamiques et hydro
sédimentaires, qui sont devenues fondamentales dans l’étude du fonctionnement des
évolutions des milieux littoraux. L’objectif de cette section est de fournir quelques repères
terminologiques conceptuels et méthodologiques nécessaires à l’approche systémique
(Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l'Énergie, 2011).
2. Profil général d’une côte sableuse :
Les plages sont des accumulations littorales de sédiments meubles, qui vont des sables fins
(de 0.063 à 0.2 mm) aux blocs (supérieurs à 20 cm), susceptibles d’être mobilisés par le
passage régulier des eaux marines ; on parle de grève lorsqu’elles sont constituées de galets.
Les matériaux des plages proviennent des sédiments continentaux apportés par les fleuves, ils
sont remaniés par l’action des houles et des dérives littorales qui peuvent les transportés vers
le large. Ainsi, il se forme une plage dès lors que le volume de sédiments disponibles est
supérieur au volume transporté. Les plages ont un profil transversal en pente douce, à allure
faiblement concave. Leur pente varie en fonction du calibre des sédiments qui les constituent
et des caractéristiques des vagues qui y déferlent. Le profil est abrupt quand les sédiments
sont grossiers (Faye, 2010).
Dans le détail, on distingue, vers l’amont, l’arrière-plage (Backshore) partie de la plage qui est
sujette à l’action des vagues uniquement durant les tempêtes. En absence de tempête le sable
peut être remobilisé par les facteurs éoliens.
Vers la mer, la plage subaérienne (l’estran, espace intertidale ou foreshore) soumise à l’action
des vagues pendant les conditions non-tempêtuelles. Subdivisée en trois parties :
Haut de plage : sous forme de bourrelets, qui sont dus à l’accumulation des matériaux
par les mers les plus hautes ;
